‹ La chanson de Roland: traduction nouvelle avec une introduction et des notesChapitre 22 sur 63 · DE LA PIÉTÉ. LXXIII · texte numérisé non relu

DE LA PIÉTÉ. LXXIII

Lors esperonne par delez un rochier.

Paien li orient : « N'en irez^ loeengier!

Ja voetre Deu ne vos aura mestier^ Ne vos porra seoorre né aldier (1). »

Dans une autre rencontre, deux chefs sarrazins disent au même « chevalier de Dieu » :

N'aurez garant de vostre roi Jhésu (2) !

Dans la Chanson de Roland^ Turgis, pour rassurer Marsile, ne trouve rien de mieux qu'une comparaison entre saint Pierre et Mahomet :

Ne vos esmalez unches :

Plus valt Mahum que saint Père de Rume, Se lui servez^ l'onur de! camp est nostre.

La Bataille cPAleschamps contient un assaut théologique qui précède le combat par les armes et l'explique. On voit clairement que Guillaume et Aarofles ne se battent pas pour témoigner de la puissance de Jésus ou de Mahomet (3). Le chrétien a demandé à son adversaire s'il lui a fÎEdt quelque tort et s'est déclaré prêt à le réparer ; le Sarrazin lui répond qu'il ne s'agit pas de cela :

Dist Aarofles : a Moult as or fol pensé.

Par Mahomet ! ne me vient pas & gr6 Que nus homs croie la Seinte Trinité^ Né le bautesme, né la crestienté^ Né que Jhésus ait point de poesté....

Je me combat & toi, et sez comment :

(1) La Bataille ttAleschamps, vers 977. Voir aussi le vers 1008.

(2) Ibid.^ vers 1232.

(3) Vers 1370 à 1420.

Grestienté qa*ele ^e y^t^t |t(^|||,„*

— a Gloz, diit Guimnin^, <^ t^ pe V(E|9 é^SR^M* S

Non-seulement chaque pb^mpiop pfHlUant la supériorité de sa foi; mais il exige que son adversaire s'y convertisse. On trouvera un bel exemple de ces dialogues dans les paroles échangées entre

Charlemagne et BaUgant fiYmt ^^Ç Ppn^ftt (!)• H en est de même dans les chroniques rimées :

Renaat^ dist Garsioiis^ ll^QU^t as e^ç|aiit ; Car fais ce que te dis^ par itel convenant Que tu «roies Mahom et no dieu ^rvagant....

•— Paien^ ce dist Eenans^ que vas -tu sermonant? Né toi né tous tes dieus ne pris mie un besant.

Renaut Porquet est Mt prisonnier et Sarsion le vippt sermonne? d^ nouveau i

Bi va^ Renaut Porquet^ que as-tu empensé? |Ç!raFa§ px^ Mabopnet^ n'en sa sainte bonté)

— ^§l[e^ ce di^t Henaus^ né qu'en un diien tué (p).

héS paradis est promis au chevalier chrétien qui parait dans le combat livré pour la cause de Dieu. Cette promesse se trouve dans tous les poëmes de la bonne époque. L'archevêque Turpin, avant la bataille de RonccY^n^, fi^essf a^x Fr^pçaî^ (^ sermon:

Ghrestientet ûdez à sustenir ( Bataille avrez^ vps en e.stes tus fi% Kar & voz oilz vée4 les Sanazins.

. (i) Pages 181 et 182 de qe volume.. — la BfltmSfe ^4^^cj^af^, vers 6588 à 6642.

(2) IV, 47 et 48-

P6 Ï44 l^léTÉ. W^V

paniez yo^ culpes^ bî preî^z Qpp mei^itt Asoldrai vos pur voz anmes guarir; Se VO0 mufei^ astepez leinz martirs^ Sièges avrez el greignor paréis. »

Franceis descendent^ à tere se sunt mis^ E l'arcevesqua de Deu les benéist^ Par pénitence lur cuœapdst à férâr (i).

Dans la Chanson d'AntiocAf (3), l'évèque du Puy parle ainsi aux croisés :

El non nostre Seigaeus soient li esoa pris.

Sor moi prens les pechiés^ les grans e| les petis;

Par nom de pénitence fetés eof Ai^is.

Cil qui monpa 4^8 nos^ bien seit chaaeuns iis^

Àvoec les innocen&i sera parés ses lis.

» Aussi ne doit-on pas s'affliger de la mort d'un chevalier ni avoir d'inquiétude sur le sort de son

Dist U vesque del Pay i «^For quoi vcitta dézBAntéa? (^i^si^s ^g,i&^ peçt ^pl et joie dem£ii^éf|y Et pr|és Dame Dieu^ le roi de majestés^ Por nous^ qui somes vif, que il en ait pités; Quer se Gouses est mors^ l'arme iert à salvetés.

Mais c'est au mcHnent de la mort que la piété du chevalier se montre de la manière la plijs touchante. La mopt ^Gi |iQl^.Tld §st l'n^e ^ plus belles, n y manqua, cependant, un (létail d'un effet poétique incomparable et <|ui se trouve, par exemple, dans le çycl^ ^es |jprraiA| Qus^d le héros s'administrci à lui-mèm^ la communion avec

(i) Éditiop ^ T^épdQrç Mper, P^ 71, ^ Ypkr f^a^ §9 d^ ce yolume.

(2) n, 17 et ni, 27.

LXXVI INTRODUCTION

des brins d'herbe. C'est un des actes de foi les plus dramatiques. Voici les derniers moments de Bégon (1) :

« GloriouB peres^ qui tos tans fus et les Aiez de m'ame et mercis et pitié.

Ha ! Biautriz^ gentte franche moiilier^ Ne me verrez a nul jor desoz ciel.

Garins^ bians frères^ qui Lobéraine tiens^ Jamais tes cors n'iert servis par le mien.

Mi doi afant, li fil de ma moillier^ Se je véquisse^ vous fuissiez chevalier.

Or, vos soit pè^ li glorious del ciel ! » Trois foilles d*erbe a prins entre ses pies.

Si les coigure de la vertu del ciel,^ Por corpus Deu les reçut volentiers.

L'ame s*en va del gentil chevalier. »

Or, en ait Diez et manaide et pitié.

Il arrive aussi qu'au lieu de dire ses fautes à Dieu, le mourant se confesse à l'un de ses compagnons. Dans la Bataille d'Aleschamps^ Guillaume au Court Nez assiste son neveu Vivien à ses derniers moments :

A 8*aumonière mist Guillaumes sa main.

Si en tret hors de cel beneoit pain

Qui fu seigniez sor l'autel Sain-Germain.

« Niés, dist 11 cuens, or te ferai certain.

De tes péchiez verai coniès remain.

Je sui tes oncles, n'i as or plus prochain

Fors Damledeu le verai soverain;

En leu de lui serai ton chapelain ; '

A ce bautesme voil estre ton parrain :

(i) Garin le Lohérain, tome II, page 239 ; dans la traduction de P. Paris, page 244*. — Voir dans le même ouvrage la mort de Huon de Gambray, page 318.

DK LA PIÉTÉ. LXXYII

Plus TOB 86»! que oncles né germains.... »

Vivien flst en son devant diner.

Moult doucement le prist à acoler :

' Toz li gehist^ n'i lessa que conter De ce qu'il pot savoir et remembrer.

Dans Raoul de Cambray^ Bemier commence par maudire l'ennemi qui Ta frappé à mort : puis il se recueille et se ravise :

€ Diez notre père, qni pardon flst Longis^ Par tel raison^ si com moi est avis, La soie mort pardonna à Longîs, Li doi-je bien pardoner autresis :

Je li paidoins : Diez ait de moi mercit I »

A icet mot apeUa Savari.

De ses pichiés à lui oonfès se fit.

Car d*autre prestre n*avoitril pas loisir.

III fuelles d'erbe maintenant li rompi.

.Bi le resut por corpus âotnim.

Ses II mains jointes anvers le ciel tendi.

Bâti sa colpe et Dieu pria meroit; Li oel H tremble^ la color li noircit, Li cors s'estent et Tanne s'en issi.

Diez la resoive en son saint paradis (1) !

Je rappellerai ici la piété des héros du Schana-meh. Ainsi Rustem pendant une partie de la nuit qui s'écoula entre ses deux combats contre Sohrab, était resté prosterné faisant ses dévotions au Tout- Puissant. Rustem et Sohrab reconnaissent que leur force vient de Dieu. Sohrab proclame qu'il dispersera les Perses, avec l'aide de Dieu. Rappelons aussi les paroles de Rustem citées à la page xix. On

(i) Page 327.

txxViii ir^ttibôuèfl'io^f.

trouvera bieâ çà et 1% Aéhi le RdfhttpàM Quelques sentiments fatalistes (l) et même un chapitre dicté par les esprits forts des bords du Gange ; mois ces dissertations sont éti bjlpbSitiôtî dirèètè àtèc le ton général de l'œuvre et évidemment ^goûtées à ime ^pdqtlé i^lâtivèmeiit récente.

DB VfôBSS vu iiRMr»

L'un des caractères les plus saillants de nos épopées chevaleresq[ues est la prëoectiptttitll &A droit, préoccupation qui col^es]potiâaît à ttîi besoin impérieux de l'esprit public pendant la pr^ooièffe période du moyen âge. Au même empire d'idéi^ ^ rattàèhent les inventions reprbdilitëi^, bat exemple, dans Reali di Fronda et dans la légende all^nande de saint Ânnon, et qui sont rëlatÎTes^ s&it à Terigiilé des Franks, soit au df*ôit dé leùtâ princes à exercer l'empire. « Jamais, dit à ce s^jet Ozanam, on ne produisît plus de titres faîi±, pàifce que jamais les peuples ne se inontrèreni ihôins disposés à recoriûaltrè lès pouvoirs saiis titres. Les îmagînàfionSi étaient créduleà, maïs les consciences étaient exigeantes (2). »

(1) d Le dMUn est iréésSsûble. » Tome I!l^ page 69. -^ «îAmtm ici-bas n'est pas libre dans- ses actes ni maître de lui-même. C'est le destin qui le traine à son gn^ ça et là dans le œrele de la vie. » Tome III, page 268. r

(2) Études germaniques, tome II, page 370.

DE ifiMjà ôti bitoiT. h-kkix

Dahi le ^Oëine de ÂûbHÈ éè Cùfhbf^^, lé fli^it eà mi^mieê mis èû ftVa»t (1) i

Diex soit au droit! à iort me laidangiez....

Car il ot tort^ siens ne fu pas li drois.... /

Mais Diex et drois aida Beroeçon talit.u.

De même, dans le cycle des Lorrains, on trouve . deè phrèÈén coriimë BèÙeé-ëi î L'homme Moyal iië peut durer. — Jusque-là il avait lé di^ôit. -^ Il teiut toujours s*en tenir au droit, si Ton ne veut pas renoncer à Dieu (2). La même préoccupation se rendimii^ dans le Rél^^ëné et iiotainniëàt dàHé le combat de Rama contre quatorze démolie (à):

La victoire est attribuée à Dieu; mais Dieu donne la victoire à celui qui a le droit. C'est ainsi que, dàHf la §ùehrè t^ënt^ Bdlgânt,* le^ Fmhçftis pto^ clament qu'Us doivent suivre Charlemagne, nonseulement parce qu'il est leur empereur, mais parce qu'il a le droit :

Caries a dreit^ ne 11 devons faillir.

Le mmbat s'engëgè^ ^ Vemp^i^vÊ afflës &¥Mf ei^ite ses èbevàliei^ 4 Vén^bf letm pâ^ëûfô ttièi» a Roncevaux, arrive à l'argument dédiiif :

Ja savez vous oonke pasens ai dreit; "'i

Mais il faut que les Français le reconnaissent :

Respondent Franc : Sire^ vos dites veir.

(1) Pages 194^ 233 et 121.

(2) Pages 145, 272 et 312 de la traduction de M. P. Paris.

(3) Pages 146 et 208 du tome iV.

LXXX INTRODUCTION

Lorsque Témir Baligant voit Tétendard de Mahomet renversé par Ogier, il doute de son droit, contre lequel semble déjà se prononcer le jugement de Dieu :

Li amirais alques s'en aperçoit^ Que il ad tort e Garlemagnes dreit.

Le combat ne peut pas finir sans que la question de droit soit décidée :

Josque li uns sun tort i reoonnuisset.

Dans la même chanson, Roland s'écrie au milieu des combats :

CihrétienB ont droit et Sarrazins ont tort.

Ils ont tort d'être Sarrazins , c'est-à-dire renégats :

CSarles a dreit envers la gent resnie.

Aussi sont-ils félons à Dieu, c'est-à-dire les félons, les traîtres, par excellence. Cette théorie place les musulmans en dehors du droit des gens, comme on le trouve clairement expliqué dans la Bataille d^ Aleschamips (1) :

Respont Guillamnes : a Vos dites cruauté :

Puisque li home n'aime crestienté^ Et qu'il het Deu et despit oharité^ N'a droit en vie, je *1 di par, vérité.

Et qui Tocist, si destruit un maufé...

(1) Vers 1173 à 1180, et 671 à 675. — Voir aussi la Chanson de Boiand, pages 6, 185 et 186 de oe volume.

DE l'idée du droit. LXXXI

Tait estes chien par droiture apelez^ Car vos n'avez né foi né léauté. »

Guillaume agissait en coiaséquence :

Onc n'ot nul jor vers paiens de loisir^ Quand le tenoit^ ne*l fesoit pas langer.

Mes a droit ore rame del cors partir; Il ne'l met mie en sa prison gésir.

La loyauté envers un ennemi de cette nature, envers un chien , n'était peut-être pas dans la théorie religieuse et politique de l'époque; mais les mœurs chevaleresques étaient pluis fortes que la théorie. Presque toujours le Sarrazin est traité chrétiennement et chevaleresquement. Le trouvère ôiAgolant et bien d'autres n'hésitent pas à leur attribuer les plus nobles qualités :

Agolans sire^ tiobile justisier.

Dans le roman de Raoul de Cambray^ le payen Corsuble a une oriflamme comme le roi très-chrétien ; il dit à Beipier :

Je vos comment m'oriflambe à porter (i).

Renouart, aux prises avec le payen Baudus, défend à ses compagnons d'assaillir son ennemi.

« Baron françois^ gardés nH ait meslée; Que por celui cui j'ai m* ame voée !

Se commenciez né orgueil ne posnée.

Par quoi sa char soit par vos entamée.

(i) Édition Leglay^ page 301.

LXXXn INTRODUCTION.

Ja en auroiz dolereuse soudée. »

Quant François Toent, s'ont lor resne tîrëe : Tuit quoi se tindrent en mi une valée.

La bataille ont tôt en pais es^ardée,

La première règle du droit des gens, dans nos poëmes, était la théorie du respect dû ^.jx^ ambassadeurs.

On voit par la Chanson de Roland j par le roman de Garin^ p^-r celui de fierabra^, pa,r la Chevalerie OfficTf par le roman des Quatre Fils Aymon^ et surtout par h Prise d^ Pampelune, que les ambassades étaient chose fort dangereuse» d'autant plus que les mei^sagers se faisaient un point d'hoimeur d'être le plus insolents. Le droit est souvent violé , mais non impunément. Ainsi Charlem^gne fonde son agression contre Marsile sur ce que ce prince a tué [ses envoyés Basan et Basile. Il était reconnu, même par les payens qu'un tel acte est une vilenie, témoin ce pacage fort curieux du poëme même où est raconté l'assassinat de Basan et de Basile. Les Sarrazins se précipitent sur un autre messager pour lui faire un mauvais parti (1);

Mes Balugant sourvint che oy le remour.

Quand YÎt ensi envsifp li frans ambaseour^ As Paiens eseria : <i Très vous arier^ seignour^ Ce est grand vilenie, par Dieu le roi d« fienr f » A cist mot se tréïrent arière tretous celour;.... Lour s'en vint à Marttle Balugant plain d'urour. Et dist : « Foy que doi Dieu^ oi % oétis labour. Quand pris e hofumt avés iomé à dessnour. »

(i) La Prùe de Pampelune, édition de Mussafla. Vienne, 4864. Page 85. — Voir aussi page 12 de ce volume.

Vn p^yen protéga aoasi le duc Naymd duns pon ambassade auprès d'Agolant (1),

C'est ainsi que, dans le Ramayana^ Ton trouve un discours sur les droits et les devoirs des ambassadeurs, et que Lakshmana se croit obligé d'insulter la roi Sougriva auprto duquel il est envoyé en ambassade, eomme Ga&e brave MansÉle dans la Oh^n^ son de Roland.

Les luttes étaient aussi assujAties 4 des règles : il fallait, comme cela se pratique encore aujourd'hui entre les montagnards albauais ou monténégrins, prévenir son adversaire qu'il eût à se tenir sur ses gardes. Lorsqu'Olivier, aveuglé par le sang qui coule sur ses yéux^ ne reconnaît pas Roland et le frappe, celui-cï lui ifalt observer qu'il ne Ta pas défié. Pour sauver l'horreur du rôle dé Gane, le trouvère de la Chanson de Roland met à la bouche du traître un défi public contre Roland et les douze pair,. K^ dans «,n proc*,, Gan. diW <n,-U ne doit pas être regardé oomme traître» atteudu. qu'il a défié publiquement les héros qu'il a Mi. périr. Dans la Chanson de Girard de Viane^ Olivier et Roland, qui vonf se battre, échangent le dialogue suivant :

— « Sire Rojaiîyd, pui^qufi U est anal Ki envers vos nci pui» trqvçr mer9i> Ne dites mais ke vos aie traK.

Gardeiz voz bien; désormsâ? vous déli.

Devant le cop, vos en ai t)jea ga^rni. »

— Respont RoUan : « Je vos ai bien ol. »

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(1) Édition Bekkep^ ^ftges ociv et lxv.

LXXXrV INTRODUCTION.

Il est question sans cesse de ces défis dans le beau poème de Raoul de Cambray :

^ De la lor part loiaukneDt vos defQ.

G'ii deflai dedens son povilon.

Voici un autre exemple d^s lequel se trouve indiquée la formalité extérieure de ces défis :

' n prent III pox de l'ermin qu*ot vesti^ Parmi les mailles de raubero esclarci, ' Envers Raoul les geta et jali.

Puis II a dit : Vassal, je vos desfit Ne dites mie je vos aie trat (1).

Nous retrouverons dans le cycle des Lorrains les mêmes délicatesses de conscience sur la nécessité du défi préalable. Le roi lui-même est tenu de se conformer à cette règle, comme il résulte de ce passage de Garin (2) :

Et chanterons don riche roi Pépin...

li mesagiers au tref le Flamant vint,

Ilueo trouva sur une coûte assis.

Gom il le voit fièrement li a dit :

« Li rois vous mande, qui chevalier vous fist.

Donna toi Plaindre et l'onor à tenir.

Par votre orgueil avez son home assis.

Flandres penra, si en seras fors mis. »

Et dit li quens : « Follie aveas requis : '

Ains que Pépins soit de Flandre saisis.

En morront cent qui aincores sont via. »

Di li messages : « Je vous ai bien oT,

Il n*i a tfutre : de par lui vous défi.

Se atandez que li rois vengne ici.

Il vous fera coureçous et marris. »

(1) Pages 86,191 et 91.

(2) Tome I», page 211. — Page 85 de la traduction.

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