SUR LA COMMUNAUTE DES SENTIMENTS
Non-sevdeme:pit les héros indo-européens ont une origine commune, mais i]s se T^essei^blent de la manière la plus saisissante sous le rapport des mœurs et des sentiments :
Les héros à^ U C9»{» 4^s g\ierriers^ amis de Içuirs clevojrs> pensent que Tare n*e$t di^QS leurs m^ins que pomr servir à kt défense des affliges (1).
Ce discours de la femme de Rama ne paralt-il pas emprunté à quelque héroïne des bords du Rhin o\i de la Seine ? La ressseioblance est telle qu'un hoBune instruit, mais partant d'im point de vue faux, M. Delécluze, a pu Soutenir que le moyen âge chrétien avait éopié les poèmes de la Perse. C'est une grave erreur ; mais on comprend, lusqu'à un cérUi. point, qu'on «l pu h conm.tlre'on erf jugera par les paroles du héros Rustem, d'après la traduction de M. Mohl : , \
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. (i) Xo^e IV, page 70 de la traduction de M. Fauebe.
XX INTRODUCTION
Je suis le vainqueur des lions ^ le distributeur des couronnes. Quand je suis en colère^ que devient le roi Kaus? Qu*est donc Kaus pour quUl porte la main sur moi ? G*est Dieu qui m*a donné la force et la victoire, et non pas le roi. Le monde est mon esclave^ et mon cheval Raksch mon trône; mon épée est mon sceau, et mon casque mon diadème; le fer de ma lance et ma massue sont mes amis ; mes deux bras et mon cœur me tiennent lieu de roi. Je rends brillante la nuit sombre ; avec mon épée, je fais voler les têtes sur le champ de bataille. Je suis né libre et ne Suis pas esclave : je ne suis le serviteur que de Dieu.
Les prescriptions suivantes sont extraites d'un livre indien, antérieur de bien des siècles & la rédaction du Schanameh et & l'invasion des tribus germaniques en Occident :
Ne jamais quitter le combat^ protéger le peuple, honorer les prêtres, tel est le suprême devoir des guerriers, celui qui assure leur félicité. Que nul homme en combattant ne frappe son ennemi avec des flèches méchamment barbelées^ ni avec des traits empoisonnés, ni avec des dards de feu. Que, monté dans un char ou chevauchant sur un coursier, il n'attaque pas' un ennemi à pied, ni celui qui demande la vie à mains jointes, ni celui dont la chevelure dénouée obscurcit la vue, ni celui qui, épuisé de fatigue, s'est assis sur la terre, ni celui qui dit : « Je suis ton captif ! » ni celui qui dort, ni celui qui a perdu sa cotte de mailles, ni celui qui est désarmé, ni celui qui est aux prises avec un autre ennemi. Telle est la loi antique et irréprochable des guerriers. De cette loi nul ne doit jamais se départir quand il attaque ses ennemis dans la bataille.
Le comte de Gobineau^ qui cite dans son Essai sur rinégalité des races hun\aines ce fragment du Manava-Dharma-Sastra, n'a-t-il pas raison quand