‹ La chanson de Roland: traduction nouvelle avec une introduction et des notesChapitre 6 sur 63 · SUR LES TRADITIONS GERMANIQUES · texte numérisé non relu

SUR LES TRADITIONS GERMANIQUES

Attachons-nous particulièrement aux Germains. Tacite rapporte qu ils avaient des chants traditionnels sut des matières héroïques. Jornandès dit aussi que les Germains célébraient les faits de leurs ancêtres par des chants qu'ils accompagnaient du son des instruments.

Chacun des peuples germaniques adaptait la grande tradition épique de la race aux faits et aux

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pe^ôxlnagës de sa ]^pré histoire. Mdis il tatit se garder de croire que ces ditert chants natioiiâtix soient ^estéa Fa^anagë exclusif de chaque gtdtlpe de {Population ; il s'était fbrinë, au fcôntrairiBj uil ttééoT de poésie commun â tous les peuples du nord de TEurope. Ce fait a été mis en lumièf e par M. Ainédée Thierry, dans un travail relatif aux ti^adition^ poétiques sur Attila. L'historien y rappelle ce fait cité par Paul Diacre, que, de son tëffips, les légendes poétiques Sur Albôiii circulaient ndtt-seUlement chez tes Loinhàrds, mais encore chez leà Bavarois et les Saxons, et daUs lés autres pays de langue teutohique. Où a conservé aussi uhe lettré par laqueUe Théodoric aniidUçait au roi dfes t'ranksj Clovis, renvoi d'Un joueur de harpe iJUé celUi-fei avait demandé.' C'est J)6ur cela; cominé le fait observer avefe tant d'â-|jropds le même historien jtju'il ne faudra pas ë'étonnër de Voir, pair éxëfflfile^ dë§ souvenirs qui n'ont pu naître que sUi* lei^ bords du Dniester ou du Pô, cofasacrës par Ifes poëtës de la îïorwégè, et, en revanche, des idées, des symboles exclusivemeht Scandinaves, s'intplànter dalUs lés traditions historiques deS autres peuples germains. C'est ce qui est arrivé notamment pbur liai tradition Scandinave de Sigurd, qui est entrée dans le poëme allemand connu sous le nom délA Détresse des Niebèlungen.

Nori-seulemettt c& poëinè renferme le Souvenir des anciens mythes que les Indo-Européens ont apportés avec eux du lieu qui a été le séjour commun à toute Içur race dans une haute antiquité.

XXIV INTRODUCTION

mais il contient les traditions héroïques des Franks, des Burgondes et des Goths (1).

Ceci étant, on est naturellement amené à se de-^ mander si les Franks ont pu arriver en Austrasie et dans la Gaule avec la mémoire vide de ces traditions si chères à tous les Indo-Européens, et particulièrement aux Germains. Peut-on admettre que les Franks, en franchissant le Rhin, aient effacé immédiatement de leur mémoire des impressions si intimes et si profondes ; et, s'ils allaient les oublier, ces souvenirs np devaient-ils pas être ravivés par les invasions de Franks qui se sont succédées depuis le cinquième siècle jusqu'à la séparation complète du royaume d' Australie, c'est-à-dire jusqu'à l'époque où s'accomplissent les exploits de Charles Martel, et où jaillit la première source de l'épopée chevaleresque du moyen âge? Cette seconde supposition n'est pas plus admissible que la première ; elle serait, d'ailleurs, en contradiction avec les témoignages de l'histoire.

Nous avons vu que Théodoric, roi des Ostrogoths, envoyait un chanteur à Clovis. Le poëte Fortunat parle aussi de chants en langue barbare et écrits avec des caractères barbares. Un manuscrit du huitième siècle, trouvé à Fulda, dans la France austrasienne, contient, en dialecte fmnk, le chant essentiellement barbare d'Hildebrand et d'Hadebrand. Ce morceau, dit avec raison M. Amédée Thierry (2),

(1) Laveleye, dans l'introduction à une nouvelle et excellente traduction des Niebelungen,

(2) Histoire d'Attila, tome II, page 281.

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