‹ La chanson de Roland. Traduction, précédée d'une introd. et accompagné d'un commentaireChapitre 19 sur 89 · I. Charles. Au moment où s'ouvre · texte numérisé non relu

I. Charles. Au moment où s'ouvre

l'action du Roland, le < ihai lemagne de la légende est maître de toute l'I <ln nord : el c'esl la seule que connaissent nos épiques. Un poème i du comment emenl du xr^siècle, mais qui a des racines dans la tradition |, la Prise

de Pampelune, s raconte la prise

pai les I rançais d tte ville, du I i

no ■ et de la Stoille I puis i elle de Tudele. de Cordoue, de

Hors Saragosse, qui est sur une montagne. Le roi Marsile la tient, qui n'aime pas Dieu,

Charion, de Saint- Fagon, de Masele, de Léon et d'Astorga. Un autre poème (du xne siècle, mais moins traditionnel et qui n'a aucun lien avec le Roland), Gui de Bourgogne, nous fait assister à la conquête imaginaire île Carsaude, de Montorgueil , de Montesclair, de la tour d'Augorie, de Maudrane et de Luiserne. Bref, il ne reste alors devant Charlemagne qu'un seul adversaire en Espagne, c'esl Marsile, et une seule ville à emporter, c'est Saragosse. = L'histoire est plus modeste que la légende.

En 778, Charles conduisit, en effet, une expédition en Espagne. 11 passa les Pyrénées, s'empara de Pampelune, mais échoua, semlile-t-il, devant Sara-.>s>e.

et conquit seulement le pays jusqu'à l'Èbre. C'est au retour de celle expédition qu'eut lieu le grand désastre de Roncevaux. (Éginhard, Vita Caroli, ix ; Annales faussement attribuées à Eginhard, année 778: l'Astronome limousin, Vita Hludovici, dans les Scriptores de Pertz, m, 608, etc.)

1. Notre grand empereur. Charles est le fils de Pépin le Nain cl de la bonne reine Berte au grand pié. Ses enfances furent douloureuses, et il lui forcé, par d'indignes usurpateurs, d'aller cacher sa jeune -luire chez les musulmans d'Espagne. C'esl là qu'il devint l'époux de la belle Galienne, tille du roi sarrasin Galafre. A peine marié avec elle, il alla reconquérir son royaumede France contre les traîtres qui l'avaienl usurpé, puis se précipita vers Home à Ja défense du Pape, et, grâce au courage d'Ogier le Danois, rendit au Souverain Pontife la ville éternelle, que les païens avaient inutilement assiégée.

(Berte au grand pié, xme siècle; Mainet, xn« s.; Charlemagne de Girard d'Amiens, xive s.; Ogier de Danemarche, xne s.; Enfances d'Ogier, xme s.) = Durant toute sa vie, il ne cessa de guerroyer contre les Sarrasins, les Saxons et tous les païens; assista aux débuis de Roland sur le champ de bataille d'Aspremont, et y vainquit le terrible A golant (Aspremont, xiie-xmes.);

fut l'heureux témoin de la défaite des géants Fierabras et Olinel ; fit le grand voyage de Jérusalem et de Constantinople et étonna tout l'Orient par les splendeurs d'une gloire à son apogée; prit le temps, entre deux expéditions contre les ennemis de Jésus- Christ, de triompher de ses vassaux rebelles, de Girart de Yiane et d'Huon de Bordeaux, mais surtout d'Ogier le Danois et des quatre fils Ainion, et enleva vigoureusement la petite Bretagne aux envahissements des Sarrasins. (Fierabras, xiii- s.; Otinel, xme s.; Voyage à Jérusalem, commencement du xne s.; Girard de Viane, xne s.; Huon de Bordeaux, xii0 s.; Ogier le Danois, xne s.; Renaut de Montauban,xu\° s.;Acguin, fin du xir- s.) C'est ce même Charlemagne qui, sans cesse en communion avec le ciel, avec les anges, reçut du glorieux apôtre Jacques l'ordre d'aller reprendre l'Espagne aux profanateurs des saintes reliques; se dirigea, avec sa grande armée, vers les Pyrénées et fut le spectateur de la lutte héroïque entre Roland el le géanl Ferragus ; qui mil énergiquement le siège devant Pampelune et s'empara de ce boulevard des païens; qui resta sepl ans sur la terre d'Espagne; nue Gui de Bourgogne y vint rejoindre avec tous les jeunes chevaliers de fiance; qui reçut une ambassade du roi Marsile, se soumettant enfin aux armes de l'empereur à la barbe fleurie; qui fui lâchement trahi par Ganelon, ce Judas de la Fiance; qui connut l'horrible épreuve de survivre à la grande défaite de Ronceveaux et au deuil cruel de la mort de Roland ; qui vengea son neveu dans la célèbre bataille de Saragosse et fil écarteler Ganelon, comme on le verra dans la suite de notre poème. (Entrée en Espagne, xin°, XIVe s.; Prise de Pampelune, xiv° s.; Gui de Bourgogne, xne s.; Chanson de Roland, fin du xr! s.) Voy., pour plus de détails, dans nos éditions classiques, l'Éclaircissement sur la légende de Charlemagne.

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