‹ La chanson des CabotsChapitre 13 sur 31 · IDYLLE FARDÉE · texte numérisé non relu

IDYLLE FARDÉE

IDYLLE FARDEE

eize ans, toute mignonne, et l'affreux maquillage, it peine à cacher Téclat de sa beauté. Dans ses grands yeux brillaient, à travers un feuillage De longs cils très épais, l'ardente volupté.

Ses lèvres, au baiser, disaient : Tiens, prends mon rose Je n'en ai nul besoin ! — La céruse semblait. Sur son joli corps blanc enclin à la névrose. Comme un terne brouillard sur un fleuve de lait.

Certain soir, gris d'amour, je la trouvai si belle, Que sur sa bouche en feu, soudain je la baisai... Puis, quelques jours après, la voyant peu rebelle. Sans le concours du maire, enfin je l'épousai.

Ensuite, chaque soir, tous deux je me rappelle, Au temple de l'Amour nous allions faire don De nos fervents baisers ; et dans cette chapelle, Autrement qu'à genoux, on priait Cupidon.

Nous vivions très heureux, gagnant petite somme... Et lorsqu'à nos repas il manquait de dessert. Alors à pleines dents nous mordions dans la pomme Qu'au banquçt de l'Amour, le Tout-Puissant nous sert.

Mais les jaloux entre eux firent des bavardages, Chacun parla de nous, même le Directeur, Qui me dit courroucé : « Chez moi, pas de collage, Ou sinon, résiliez, Monsieur le joli cœur! »

IDYIXK FARDER

Puis une sienne amie, — à créature abjecte ! En cachette de moi, lui tenait ces propos : « A ton âge, ma chère, il faut qu'on se respecte, < Et ne pas se donner au commun des cabots !

« C'est la misère noire et la dèche complète ; « Belle comme tu l'es, tu peux facilement « Trouver quclqtitiu de chic, ayant de la galette « Lequel t'entretiendra, si tu veux, richement.

« Tiens, je connais un type épatant, un vicomte, « A qui tu plais beaucoup, il ne vient que pour 'toi ; « Je dois te présenter tout-à-rheure, il y compte!... « Ne fais pas de bêtise et n'écoute que moi ! »

Elle s'y prit si bien, que la pauvre innocente. Hésitante d'abord, à la fin accepta.

Oui, la folle devant cette offre éblouissante. Oubliant ses serments, sans regret me quitta.

Depuis ce triste jour, elle noce sans trêve, N'ayant d'amour au cœur que pour quelque catin ! Et tandis que malade, en son lit elle crève, Moi je pleure l'amante et maudis la putain !

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