‹ La chanson des CabotsChapitre 22 sur 31 · HOTELS D'ARTISTE · texte numérisé non relu

HOTELS D'ARTISTE

Depuis que de l'Arl je fis ma carrière Selon les instants, j'ai, simple mortel, Été dans l'aisance et dans la misère Et, plus de cent fois, dû changer d'hôtel !

Fier de mes vingt ans, narguant l'infortune, Du sommeil absent, le front tout pâli, Heureux, je logeais hôtel clair de lune. Car j'avais les cieux pour mon ciel de lit.

Mais quand par malheur tombait une ondée, A mes rêves d'or succédait l'ennui :

Délaissant alors ma couche inondée, Je pris pour hôtel.. . l'asile de nuit !

Aux moments d'ivresse, aimé d'une belle. Je fus locataire : Hôtel Cupidon.

L'Amour- Dieu, sur moi secouant son aile, Me fit de sa plume, un doux édredon !

Changement subit : loin d'avoir mes aises. Bohème chanté par les Montmartrois, Pour six sou^ par nuit, rongé de punaises. J'ai souffert : Hôtel du numéro trois.

Bref, les jeûnes durs, pendant la panade. Ou bien les excès — lorsqu'ils avaient lieu — Ont tant fait qu'un jour je tombai malade.. Mon hôtel alors, ce fut l'Hôtel-Dieu !

HOTELS d'artiste 157

Dégoûté de tout, voyant qu'à la scène Les jours de bonheur ne sont pas épais, Je vais demander un lit à la Seine Et dormir enfin : Hôtel de la Paix î

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