‹ La chanson des CabotsChapitre 23 sur 31 · V'LA L' RÉGISSEUR · texte numérisé non relu

V'LA L' RÉGISSEUR

AIR : r'/à V Choléra !

REFRAIN

VTà r régisseur! {bis).

Vl'à 1' régisseur qui passe !

Chut ! Parlons à voix basse, Cabots, v'ià l'oppresseur!

C'est lui qui tient le gouvernail, Il est r roi des coulisses ; C'est un pacha dont le sérail Se compose d'actrices.

Ce vieux coq veut s'émanciper Près de chaque sirène ; Pourtant il ne peut plus frapper Les trois coups qu'à la scène.

Histoir' de se distrair', parfois Il colle quelque amende :

Mais envers un joli minois On le voit qui s'amende.

Gare à l'artiste dont la main Caresse son idole ; Sur l'affiche du lendemain, Crac ! son nom dégringole !

D'être auteur, un jour il s' piqua, Quoiqu' faible en écriture ; Mais dans ses œuvres il n'eut qu'à Poser sa signature .

v'la l' hégisseur in:

II critique chaque chanson, Les trouve toutes bêtei. . .

Les spiTituell's sont cell's qui sont Par lui soi-disant faites !

Souvent il cause avec amour De son talent peu mince, Pourtant, il a fait plus d'un four, Comme artiste en province.

Il parle, il court, il fiiit le beau, Il trône sur la planche ; Mais quand la mort cri'ra : Rideau La planche aura sa r'vanche !

LE FIGURANT

LE FIGURANT

AIR : La Fefnme à Narcisse.

En costume Louis Seize, On voit le figurant,

Ah î ah !

On voit le figurant Se dandiner à l'aise, Et d'un air conquérant.

Ah ! ah !

Et d'un air conquérant.

Du satin rose pâle, Lorsqu'on voit ressortir, Ses mains noir's, sa gueul' sale.

Ça fait toujours plaisir !

Il porte l'épaulette Comme un noble officier.

Ah ! ah !

Comme un noble officier, Et la robe violette De l'évêque lui sied,

Ah! ah!

De l'évêque lui sied, Pouvoir (c'est ce qu'il gobe) S'il en a le désir^ Se moucher dans sa robe, Ça fait toujours plaisir !

LK FIGURANT

Lorsqu'on le tarabuste, Il chant' d'un air moqueur,

Ah! ah!

Il chant' d'un air moqueur !

Et s'il a la voix juste On le fourr' dans un chœur.

Ah î ah !

On le fourr' dans un chœur.

Il beugle d'un' voix lasse Qu'il est en train d' courir. . .

Comme il ne boug' pas de place, Ça fait toujours plaisir !

Sitôt qu' l'un d'eux déroge, Faut voir les discussions !

Ah ! ah !

Faut voir les discussions !

Ils se flanqu'nt dans leur loge De bonn's distributions,

Ah! ah!

De bonn's distributions :

— « Toi r princ', faut quej' t'amoche!

— Attrap' ça, grand vizir ! »

Quand 1' roi r'çoit un' taloche, Ça fait toujours plaisir !

Dans les r'vu's faut qu'ils fassent Le rôle du taureau,

Ah! ah.!

Le rôle du taureau !

Dans ce cas, ils se placent Deux dans la même peau. .

Ah ! ah î

LE FIGURANT

Deux dans la même peau î C'iui d' la têt' dans c'tte affaire, S'il pousse un p'tit soupir, A-c'lui qui fait rderrière, Ça tait toujours plaisir !

AIR : l^n voyage à Robinson.

O belle chanson, miroir de la vie, Toi qui reflètes nos moindres frissons, Par tes doux accents, l'oreille est ravie. Tout finit en France avec des chansons !

Un chant qui souvent fait que l'on s'égare, Par lequel le droit, l'honneur sont vaincus. C'est celui de l'or qui plaît à l'avare : Doux son argentin, chanson des écus !

L'amoureux rêveur écoute avec fièvre La chanson d'amour aux brûlants accords. Aux chants des baisers il offre sa lèvre, Et fou de désir, lui livre son corps .

Le nez coloré du sang de la vigne, Le buveur chérit la chanson du vin ! Par un claquement de langue, il souligne Les joyeux glouglous de ce jus divin.

Pour mieux percevoir la chanson du vice, Que braillent sans honte un tas d'imposteur.'- Tous les violons de dame Justice Accompagneront les maîtres-chanteurs!

Le simple soldat, au champ de bataille. Ecoute en tombant, héroïque et beau, La voix du canon, chanson de mitraille, Oui sert de prélude au chant du corbeau !

LA CHANSON • 17i)

Le pauvre indigent, que la faim éventre, Fourbu, titubant, ainsi qu'un pochard.

Sent crier en lui la chanson du ventre, Qu'ignore toujours l'obèse richard.

C'est une chanson, perfide et berceuse, Que mugit la mer aux bons matelots, En les enlaçant la vague amoureuse Les endort parfois au milieu des flots !

Révolution ! sur les barricades.

Tu fais de ta voix un sinistre bruit : Chanson qui fait peur même aux canonnades. Les puissants d'hier tremblent aujourd'hui.

Puis, quand c'est fini, l'on vous porte en terre. Seule égalité qui règne en ces lieux ; Et la calomnie, en cessant de braire, Vous donne campo. . . chanson des adieux !

O belle chanson, miroir de la vie, Toi qui reflètes nos moindres frissons, Par tes doux accents, l'oreille est ravie ! Tout finit en France avec des chansons !

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