‹ La chanson des CabotsChapitre 9 sur 31 · ANASTASIE · texte numérisé non relu

ANASTASIE

AIR : H c loi se et Ahclard.

Sous r ciel de notre République Que la Liberté dév'loppa, Il existe une chose inique, Oï ! ai ! ma mère, oï I aï ! papa ! Je parle de dame Censure, Ce bourreau qui nous agrippa, Décapite d'une main sûre, Oï ! aï ! ma mère, oï ! aï ! papa !

Jadis, en Turqui', la donzelle !

Aux bons serviteurs du pacha

Avait déjà tranché le... zèle,

Oï ! aï I ma mère, oï ! aï ! papa !

Comme en France il n'y a pas d'eunuque,

La pauvre chanson écopa ;

On la rogn' des pieds à la nuque,

Oï ! aï ! ma mère, oï ! aï ! papa !

Chez nous, cette mégère laide,

A son arrivé' s'occupa

D'embêter le pauv' quadrupède :

Oï ! aï ! ma mère, oï ! aï ! papa !

Eli' tondit le chien — pauvre bête! —

Et le chat... f'sst ! ell' le coupa...

Cachez le vôtre, mignonnette,

Oï ! aï ! ma mère, oï ! aï ! papa !

ANASTASIH

Toujours avide et jamais lasse, Jusqu'aux Beaux-Arts elle rampa, Et là s'offrit la meilleur' place, Oï ! aï ! ma mère, oï ! aï î papa ! Le poète fut sa victime, Craignant qu'il ne s'émancipât.

Crac! elle lui coupa ... la rime Oï I aï ! ma mère, oï î aï ! papa !

Pour s'éviter la pein' de lire, Ou de peur qu'un mot n'échappât, Elle tranche tout sans rien dire, Oï ! aï ! ma mère, oï I aï ! papa ! Tombant sur un' grivoiserie, Parfois son crayon la biffa, Pour montrer qu'ell' l'avait saisie.

Oï I aï ! ma mère, oï ! aï ! papa !

Quand viendra l'heur' de sa retraite, Les chansonniers qu'elle dupa Lui donn'ront un fonds de galette, Oï ! aï ! ma mère, oï I aï î papa ! Remplaçant alors à merveille Le Pur Coup' Touj'oîtrs, on pourra Lui dire enfin : Dîl fian ! ma vieille! Oï ! aï ! ma mère, oï ! aï ! papa !

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