GRAND MUSICIEN
Pétard de sort I vrai, ça m'embête De voir Messieurs les musiciens, En soufflant dans une trompette, Poser en académiciens !
Ah I mince, en font-ils une poire Quand ils poussent dans leur clyso.
Tenez, j'en soupire in pettn !
Rien que d'y penser, j'ai la foire I
Tandis que moi, le Pétomane, Tout en m'accompagnant à l'œil Et sans user de colophane Je ne redoute aucun écueil î Ah! c'est que j'ai la lèvre bonne, Le soufle large, magistral, Et l'on croit rêver au mistral Lorsqu'on écoute mon trombone
En moi, la nature respire ; " Et mon merveilleux instrument Semble une formidable h're Vibrant aux caresses du vent !
On croirait entendre à la brune L'écho de quelque voix d'airain.
Quant mon retentissant refrain Se répercute dans la lune !
AFÉ MATUVU
CAFE MATUVU
AIR : BcUeville-Ménilmontant.
A l'heur' de l'apéritif,
Des cabots, tout le high lif,
Ya\ prenant un' petit' verte
Se concerte.
Mais sachez, c'est authentique, Qu'à moins d'un cas imprévu.
On ne caus' jamais boutique.
Café Matuvu (his).
î)() LA CHANSON DES CABOTS
Homm's au facèes de curé, Femm's au masqu' peinturluré, Ont des toilettes clinquantes,
Très voyantes.
Les femm's ont comme parure :
Bijoux d'un prix inconnu.
Les homm's un col de fourrure,
Café Maïuvu (lus).
On s'embrasse, on s' dit bonsoir,
On est heureux de se r'voir.
« Et comment ça va, ma chère ?
« Bien, j'espère! »
Et d'où que ce soit que l'on r'vienne On s'connaît sans s'être vu.
On trinque... A la tienne, Etienne,
Café Matuvu (bis).
CAVK MATr\l'
Les femin's fum'nt sans s'éputer.
Et les homm's sans s'arrêter, On jou', perdus dans un nuage,
Avec rage :
« Atout ! — Pique ! — Et moi je coupe ! « — T'as rien une veine de cocu ! »
Et l'on se r'file une soucoupe
Café Matuvu f^â/sj.
On engueul' le Directeur, On blagu' l'Administrateur, On trouv' que la Directrice
A du vice, L' chef d'orchestre est un maroufle, L' régisseur un malotru, P^t le souffleur un'.. . pantoufle
Café Matuvu fhi's).
On parle d'engagements, On discute appointements, On sait gagner en paroles
Des somm's folles, On dédaigne la Bohème ; l^ourtant sans l'avoir prévu.
On jeun' sans être au Carême,
Café Matuvu (bis).
On arrête de chômer
Quand les concerts vont fermer ;
« Fins de saison » on nous nomme,
Quoique en somme Les autr's ne sont qu' des copistes ; Le vrai talent, c'est connu, S'trouve où sont les vrais artistes :
Café Matuvu (bïs).