‹ La chanson des cols bleusChapitre 7 sur 52 · LA ROMANCE DU QUART DE NUIT · texte numérisé non relu

LA ROMANCE DU QUART DE NUIT

Quand notre grosse flotte Est en rade le soir Et que la mer clapote Au-dessous du bossoir, Lorsque la nuit est belle, Le matelot de quart Pense à l'heure cruelle De son triste départ.

Lorsque la brise arrive De la terre, là-bas, S'il entend sur la rive Chanter un joyeux gas, Bien souvent la romance, Qui traverse la mer, Lui rappelle l'enfance, Quand il en apprit l'air.

Si ce chant plein de charmes Qu'il écoute, attentif,

Lui fait couler des larmes,

Ce n'est pas sans motif,

Car, lorsqu'on pique aux cloches

Les heures de la nuit,

L'œil fixé sur les roches

Ou le port, il gémit :

« Après trois ans d'absence, Loin de mon cher clocher, Si je dois, dans l'aisance, Un jour en approcher, Oh! ma bien pauvre mère, Te reverrai-je encor?

Et toi, mon vieux grand-père, Ne seras- tu pas mort?

« Au cours de ce voyage, Hélas ! loin de finir, Sans revoir mon village, Ne vais-je pas mourir?

Et, tandis que ma mère Va faire de vieux os, Moi, n'irai -je pas faire Un tour au fond des eaux?

« Au cours de ce voyage, Hélas ! loin de finir, Sans revoir mon village, Ne vais-je pas mourir?...

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