‹ La chanson des Gueux (volume 3)Chapitre 108 sur 194 · FRANÇOIS VILLON · texte numérisé non relu

FRANÇOIS VILLON

C’est vrai qu’il vient, et qu’on le crie!

Mais non sur un clair olifant,

Quand on 2 la gorge meurtrie

Par l’hiver à l’ongle griffant.

Las! avec un râle étouffant

Il est salué chaque année

Chez ceux qu’il glace en arrivant, Ceux qui n’ont pas de cheminée.

Il paraît, la mine fleurie, Plus joyeux qu’un soleil levant, Apportant fête et gâterie, Bonbons, joujoux, cadeaux, devant Le bébé riche et triomphant.

Mais quelle âpre et triste journée Pour les pauvres repus de vent, Ceux qui n’ont pas de cheminée!

Heureux le cher enfant qui prie Pour son soulier au nœud bouffant, Afin que Jésus lui sourie!

Aux gueux, le sort le leur défend.

Leur soulier dur, crevé souvent, Dans quelle cendre satinée

Le mettraient-ils, en y rêvant, Ceux qui n’ont pas de cheminée!

ENVOI

Prince, ayez pitié de l’enfant Dont la face est parcheminée.

Faites Noël en réchauffant

Ceux qui n’ont pas de cheminée.

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GUEUX DE PARIS 151

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