‹ La chanson des Gueux (volume 3)Chapitre 109 sur 194 · NOEL MISÉRABLE · texte numérisé non relu

NOEL MISÉRABLE

Noël! Noël! À lindigent

Il faudrait bien un peu d’argent Pour acheter du pain, des nippes.

Petits enfants, petits Jésus,

Des argents que vous avez eus

Il aurait bourré bien des pipes.

Noël! Noël! Les amoureux

Sont bien heureux, car c’est pour eux Qu'est fait le manteau gris de brumes.

Sonnez, cloches! cloches, sonnez |

Le pauvre diable dans son'nez Entend catillonner les rhumes.

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Noël! Noël! Les bons dévots

S’en vont chanter comme des veaux, Près de l’âne, au pied de la crèche.

Notre homme trouverait plus neuf, De manger un morceau de bœuf,

Et dit que ça sent la chair fraîche.

Noël! Ca sent les réveillons,

Les bons grands feux pleins de rayons,

Et la boustifaille, et la joie,

Le jambon rose au bord tremblant,

Le boudin noir et le vin blanc, Et les marrons pondus par l’oie.

Et le misérable, là-bas,

Voit la crèche comme un cabas Bondé de viande et de ripaille, Et dans lequel surtout lui plaît Un beau petit cochon de lait...

C’est l'enfant Jésus sut sa paille,

Noël! Noëll Le prêtre dit

Que Dieu parmi nous descendit Pour consoler le pauvre hère.

Celui-ci voudrait bien un peu Boire à la santé du bon Dieu;

Mais Dieu n’a rien mis dans son verre.

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GUEUX DE PARIS

Noël! On ferme. Allons, va-t’en!

Heureux encore si Satan,

Qui chez nous ces jours-là s’égare, Te fait trouver dans le ruisseau Quelque os où reste un bon morceau Et quelque moitié de cigare!

Noël! Noël! Les malheureux N’ont rien pour eux qu’un ventre creux Qui tout bas grogne comme un fauve, Si bien que le bourgeois, voyant

Leur œil dans l’ombre flamboyant,

Au lieu de leur donner, se sauve.

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Qui sanglote ?

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igui SUT sa joue.

Pour pelote.

Quel est sur le trottoir blanc La secoue,

Et la bise qui la mord

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LA PETITE QUI TOUSSE Iles des vents froids

Prennent les nez et les doigts Met les roses de la mort

La pauvre enfant! Regardez.

La toux, par coups saccadés,

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PAPER DE à

GUEUX DE PARIS

Les violettes sont moins Violettes que les coins De sa lèvre, Que le dessous de ses yeux Meurtri par les baisers bleus De la fièvre.

Tousse! tousse! Encor! Tantôt On croit ouît le marteau D'une forge; Tantôt le râle plus clair Comme un clairon sonne un air Dans sa gorge.

Tousse! tousse! tousse! Encor!

Oh! le rauque et dur accord Qui ricane!

Ce clairon large et profond

Sonne pour ceux qui s’en vont La diane.

Tousse! C’est le cri perçant Du noyé lourd qui descend Sous l’écume. | Tousse! C’est lointain, lointain Ainsi qu’un glas qui s'éteint Dans la brume.

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