NOS REVANCHES
Le bourgeois digère, gavé,
Ses trois repas et son bien-être, Et rit de voir sur le pavé
Les poètes traîner la guêtre.
Mais que vienne enfin notre jour, Parmi le public idolitre,
Nous sourions à notre tour Quand il fait la queue au théître.
La, nous le menons par le nez, Comme un enfant dont on s’amuse.
Dans ses deux gros yeux étonnés Nous faisons pleurer notre Muse.
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Même avant le succès, d’ailleurs, Nous avons contre cette engeance, Sans compter les bons mots railleurs, Plus d’une arme et d’une vengeance.
Nous avons le chant, la gaîté, L'esprit qui guérit bien des choses, Et le grand orgueil indompté Qui nous fait des apothéoses.
Nous avons deux divins flambeaux Dont la gloire les tarabuste :
C’est d’être jeunes, d’être beaux!
Nous avons l’air de notre buste.
Ils disent en se rengorgeant :
« Vous n’êtes pas de ma famille.
« Sans-le-sou, voyez mon argent.
« Tope, vous n’aurez pas ma fille. »
Mais tes filles sont mal en chair;
Nous n’aimons pas les pommes aigres;
Et tout l’or du monde, mon cher, Ne donne pas de gorge aux maigres.
Près de ta fille, épouvantail
Dont le nez pointu nous éborgne, Nous faisons sous son éventail Rougir ta femme qui nous lorgne.
GUEUX pas,
DES ppas, thalame.
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, MAIS nous avons ta femme.
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