RD TS
es
See que
SE mn $
NOUS AUTRES GUEUX
Vois! Ils s’assemblent. Sois fantasque, Barbouillé, grimaçant, moqueur.
Sur ton visage colle un masque;
Mets un faux nez; montre un faux cœur.
N’embouche pas une trompette De cuivre à l’éclatant reflet.
Ce qu'on entend dans la tempête Pat-dessus tout, c’est un sifflet.
Fi du glaive! Prends une batte. Bats quelqu'un, et si le battu S’indigne et t’appelle acrobate, Réponds zut ou turlututu!
Chante des chansons ridicules; Prêche l'absurde à plein gosier; Dis, en voyant des renoncules, Qu’elles poussent sur un rosier;
Dis que la nue est la fumée
De ta pipe, que le jasmin
Est une fleur moins parfumée
Qu'un gueux se torchant dans sa main;
Dis qu’il est des têtes sans nuque, Des vers sans rime, et qu’un enfant Peut être fait par un eunuque,
Car nul décret ne le défend;
css mettre es ie ro es Cauveriees DIR A LR 2 HORDE ARE TNT A
ST LES m8 «ut a)e his TE
Dis que le poète est une huître, La perle étant le philistin;
Dis que ton père était bélitre.
Que ta grand’mère était catin:
Braille, blague, monte des scies :
Sois blanc, noir, jaune, rouge, bleu, Fais-leur prendre enfin des vessies Pour des lanternes, sacrebleu!
Alors, quand le grand rire bête Auta bien secoué leuts flancs, Gonflé leur col, rougi leur tête,
Et fait rouler leurs gros yeux blancs,
Quand leurs bouches seront des antres Et quand, le derrière aux talons,
Ils feront craquer sur leurs ventres Épanouis leurs pantalons,
Alors, dressant ta haute taille, Combats sans merci, sans repos, Frappe d’estoc, frappe de taille, Et fais des haïillons de leurs peaux,
Et s’ils te demandent des grâces, Frappe toujours, n’en donne point; Et crève leurs bedaines grasses,
À coups de pied, à coups de poing ;
NOUS AUTRES GUEUX
Et grandis, grandis comme un songe À leurs regards épouvantés,
Et que leur œil dans ton œil plonge Comme dans un puits de clartés;
Que tes cheveux soient une queue De comète, et royalement
Ouvre au vent ta bannière bleue Découpée en plein firmament;
Monte plus haut, comme un grand aigle, Plus haut toujours, comme un condor:
Monte sans frein, sans loi, sans règle,
Et perds-toi dans le couchant d’or;
Et vogue énfin à pleinés voiles, Loin du monde, loin de céans:
Que tes larmes soient des étoiles, Et tes sueurs des océans:
Et là-haut, dans le libre espace, Sur ton corps glorieux et beau, Si tu vois qu’il reste une trace De la bataille ou du tréteau,
Sut ton front si tu vois encore De la boue et du sang vermeil, Débarbouille-toi dans l’aurore Et-sèche-toi dans le soleil!
; = nn : BALLADE VILLON E !
} Roi des poètes en guenilles, Ë ‘. ; Ë } te O gueux, maître François Villon, ns Buveur de vin, coureur de filles, 14 de Sonneur de joyeux carillon, \ F ‘Me £ Grand mélancolique en paillon, Je | Tes vers sur ta tête honnie 1 Hi Font flamber le sacré rayon, 11H Escroc, truand, marlou, génie!
HR Tu fus le père des bons dtilles En Dont tu remplis le corbillon; « Et pour de telles peccadilles Tu faillis, quittant le sillon, l Bu Au gibet, comme échantillon, ; dec Pendre, figure racornie 1 ue Dont la pluie eût fait un bouillon, \ Escroc, truand, marlou, génie! |
NAS: 0 MR Rs ele D
NOUS AUTRES GUEUX
Laisse les chercheurs de vétilles Te piquer de leur aiguillon.
Sur leurs sermons tu dégobilles. Amant de Margot la souillon, Tu sus, même à son cotillon, Allumer létoile bénie
Qui fait resplendir ton haillon, Escroc, truand, marlou, génie!
ENVOI
Prince, arbore ton pavillon, Et tant pis pour qui te renie, Roi des poètes sans billon,
Escroc, truand, marlou, génie!