SONNET ORGUEILLEUX
De son propre malheur l’homme est toujours complice. La vie est un combat, et parmi ces essaims
De soldats, de bandits, de traîtres, d’assassins,
Tant pis pour qui va nul Que le sort s’accomplisse!
Il faut se cuirasser, et que toute arme glisse
Sut le fer qu’on se plaque à même les deux seins. Chacun doit se forger sa cuirasse, et les saints, Comme ils n’ont pas d’acier, se bardent d’un cilice.
Moi, pour mieux tenir tête à tous coupe-jarrets, J'endosse le cilice et la cuirasse après, Et je mets au défi, mort-Dieu! qu’on m’assassine.
Ma cuirasse est de put orgueil, et sans un trou. Les crins de mon cilice ont pris en moi racine. Vous qui voulez percer mon cœut, cherchez par où!
oo