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Tu prends le monstre à la crinière, | Tu te roules sur lui, vainqueur; | Et serrant la bête domptée | Comme Hercule faisait d’Antée, 1 - Devant la foule épouvantée ‘k Tu brises ses reins sur ton cœur. | Hs es Mais il faut que tu te reposes | l Fe Et des soupirs et des sanglots. | ee Vas-tu donc effeuiller des roses | | Ou bien secouer des grelots ?
| Non. Ton rire, énorme et fantasque, : . Se tord aux rides de ton masque, Et l’on dirait une boutrrasque - Qui lutte avec des flots grondants, | ie Fi du sourire fin et mièvre! | re C’est l’ironie et c’est la fièvre | x Qui met dans le coin de ta lèvre |
Le pli des sarcasmes stridents.
Et comment pourrais-tu ne pas être ironique ? | Ainsi qu’un carrefour, ton esprit communique | Aux ruelles sans nombre, aux passages obscurs, D'où l’on voit déboucher, grouillant entre les murs,
er Ceux-ci pieds nus, ceux-là faisant sonner leurs bottes,
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Brandissant des poignards, agitant des marottes, Criant, riant, priant, et se tordant les maïns, Le troupeau des vertus et des vices humains.
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Vous représentez-vous tout ce que fut cet homme Et ce qu’il a vécu d’existences en somme ?
Etre Napoléon, Othello, Buridan,
Kean, Méphistophélès, don César de Bazan,
Et passer, oubliant ce qu’on était naguère,
De Paillasse à Vautrin, de Ruy-Blas à Macaire! Rendre tout, sentir tout! Avoir autant de voix Qu'il est d’astres au ciel et de feuilles aux bois! S’incarner tous les jours, prendre cent efligies, Comme les anciens dieux dans les mythologies! | Se dire que tout l’homme habite ce front-là, FR Et n’avoir qu’un seul cœur pour porter tout cela!
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Ah! le monde qui vient au théâtre et s'amuse, Ne sait pas ce que coûte un baiser de la Muse, - Quelle amertume il laisse, et quels déchirements 41 Dans les grands cœurs blessés qu’elle a pris pour amants. 14 Non, vous ne savez pas qu’à son front de monarque, Sous la couronne d’or l’épine à fait sa marque,
it que son grand manteau de pourpre éblouissant 4 Est rouge d’avoir bu le plus pur de son sang. ed Non, vous ne savez pas qu’il faut souffrir sans trêve Pour donner une forme, une vie, à son rêve, Que la fleur de l’idée à pour sève les pleurs,
Que les enfantements sont toujours des douleurs.
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Et maintenant, qui donc te jettera la pierre, Disant que tu devrais courber ta tête altière,
Et vivre comme nous, pris sous un joug étroit ?
O génie! après tout, n’avais-tu pas le droit,
Pour apaiser ta faim de vivre inassouvie,
Toi qui donnais ton cœur, de dépenser ta vie? À-t-on vu les lions ramper sur les genoux?
Et les dieux sont-ils faits pour vivre comme nous ?
Va donc, dofs ton sommeil dans un linceul de gloire,
Puisque te voilà mort, bien qu’on ne puisse y croire. Toi qui roulais ainsi qu’un fleuve aux larges flots, Avec un bruit d'éclat de rire et de sanglots,
Tu te perds dans la mort, dans cette mer immense. Pour la première fois en toi la paix commence. Mais avec le repos ne viendra pas l’oubli.
Notre regard de ta lumière est tout rempli,
Et l’on en gardera l’éternelle mémoire.
C’est en vain que la nuit jette son ombre noire Sur les derniers rayons d’un beau soleil couchant, Aux franges d’un nuage il s’arrête, accrochant, Parmi les lointains bleus de l’horizon qui bouge,
De grands lambeaux de pourpre et des lames d’or rouge.
La nuit à beau gonfler sa robe obscure, il luit. Quand lombre l’a voilé, nos yeux, tout pleins de lui,
Sous le ciel ténébreux l’imaginent encore:
Et demain, quand naîtra la pointe de l’aurore, Dans l’azur du matin qui va se déployer C’est son dernier reflet qu’on croit voir flamboyer.
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