‹ La chanson des Gueux (volume 3)Chapitre 181 sur 194 · RATES ES · texte numérisé non relu

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Et marmottait les mots de printemps et de roses. Soudain je vis rouler des larmes dans son œil. Son maigre poing cogna la planche du cercueil. Et le vieillard parla. Dans les jets de fumée | Qu'il tirait à flocons de sa pipe allumée, | Sa voix rauque et mordante en sons aigtes siffla. | Tandis que j’écoutais, voici comme il parla :

Il fut un temps, mon camarade, | Ün temps qui ne reviendra point, | Où je vivais en rigolade, | | La main au pot, le verre au poing. | | | | |

Où sous mes joyeuses guenilles

Battait un cœur plein de printemps, | Où j'ai biscoté bien des filles … | Que je payais de mes vingt ans,

Un temps où j'étais passé maître Comme ferlampier, franc luron, . ; À qui le monde semblait être

Une fête où l’on danse en rond.

Las! las! jeunesse disparue,

Tu t’en vas, songe décevant, Ainsi que la tête bourrue f D'un chardon s’échevèle au vent.

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Las! las! mes pauvres fleurs fanées!

Comme un chat maigre le temps court, Et ce qui dura des années

Comme un jour d’hiver paraît court.

Êt pourtant que de bonnes choses Ont tenu dans ce jour d’hiver!

O gais printemps, mois pleins de roses,

Ciel bleu, terre en fête, bois vert!

Que j’en ai goûté, de délices!

Mais tout à passé sut mon cœut Ainsi que sur des pierres lisses File une source au flot moqueur.

J'ai vu de bons vins dans ma coupe Et dans mon plat de bons morceaux, Et j'ai trempé plus d’une soupe Avec la charité des sots.

Que m'en reste-t-il, à cette heure ?

En suis-je plus gras d’un seul grain?

Pas même un parfum ne demeure Des branches de mon romarin.

Au château comme à la guinguette On laissait asseoir mes haïillons,

Et dans les plis de ma braguette J'ai pris de jolis papillons.

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