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GUEUX DES CHAMPS 47
Plus haut que les parfums printaniers de tes fleurs,
Plus haut que les chansons de tes oiseaux siffleurs, Plus haut que tes soupirs, plus haut que mes paroles, Dans la nue et l’espace infini tu t’envoles!
Vers ces roses vapeurs où le soleil du soir
S’éteint comme une braise au fond d’un encensoir, Vers ce firmament bleu dont la gloire allumée Absorbe avec amout ton âme de fumée,
Vers ce mystérieux et sublime lointain
Où viendra s’éveiller demain le frais matin,
Où luiront cette nuit les splendeuts sidérales, Monte, monte toujours, déroule tes spirales, Monte, évanouis-toi, fuis, disparais! Voici
Que ton dernier flocon flotte seul, aminci,
Et se fond, se dissout, s’en va. Tu perds ton être; Aucun œil à présent ne peut te reconnaître;
Et toi qui regrettais le grand ciel et l’air pur,
O vieux bois, tu deviens un morceau de l’azur.
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VIBTLLE STATUE
Oubliée en un coin du parc, seule, abattue, Sous le lierre qui ronge, une vieille statue Gisait. Pauvre statue! Elle me fit pitié.
Je suis de ces rêveurs qui dans leur amitié Donnent aussi sa part à l’inerte matière
Et partagent leur cœur à la nature entière.
Je relevai le mort, et pour qu’il fût content, Pour qu'il eût le bonheur de revivre un instant Comme si nous étions aux époques anciennes Où parmi les chansons il avait eu les siennes, Je fis semblant de croire à sa divinité,
Et je lui dis ces vers où son los est chanté :
O Pan, gardien sacré de cette grotte obscure D'où sort le ruisseau clair qui sous tes pieds murmure!