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Plus haut, entre les deux brancards d’une charrette, Un gros coq satisfait, gavé d’aise, assoupi,
Hérissé, l’œil mi-clos recouvert par la crête,
Ainsi qu’une couveuse en boule est accroupi.
Des canards hébétés voguent, l’œil en extase.
On dirait des rêveurs, quand, soudain s’arrêtant, Pour chercher leur pâture au plus vert de la vase, Ils crèvent d’un plongeon les moires de l’étang.
Sur le faîte du toit, dont les grises ardoises
Montrent dans le soleil leurs écailles d° argent,
Des pigeons violets aux reflets de turquoises
De roucoulements sourds gonflent leur col changeant.
Leur ventre bien lustré, dont la plume est plus sombre,
Fait tantôt de l’ébène et tantôt de l’émail,
Et leurs pattes, qui sont rouges parmi CETTE ombre, Semblent sur du velours dés branches de corail.
Au bout du clos, bien loin, on voit paître les oies, Et vaguer les dindons noirs comme des huissiers. Oh! qui pourra chanter vos bonheurs et vos joies, Rentiers, faiseurs de lard, philistins, épiciers ?
O vie heureuse des bourgeois! Qu’avril bourgeonne Ou que décembre gèle, ils sont fiers et contents.
Ce pigeon est aimé trois joufs par sa pigeonne;
Ça lui suffit : il sait que l’amout n’a qu’un temps.
GUEUX DES CHAMPS
Ce dindon à toujours béni sa destinée.
Et quand vient le moment de mourir, il faut voir Cette jeune oie en pleurs : « C’est là que je suis née; Je meurs près de ma mère et j’ai fait mon devoir ».
Son devoir! C’est-à-dire elle blâmait les choses Inutiles, car elle était d’esprit zélé;
Et, quand des papillons s’attardaient sur des roses, Elle cassait la fleur et mangeaïit l’être ailé.
Elle a fait son devoir! C'est-à-dire que oncque <]le n’eut de souhait impossible, elle n'eut Aucun rêve de lune, aucun désir de jonque L’emporttant sans rameurfs suf un fleuve inconnu.
Elle ne sentit pas lui courir sous la plume
De ces grands souffles fous qu'on a dans le sommeil, Pout aller voir la nuit comment le ciel s’allume
Et mourir au matin sur le cœur du soleil.
Et tous sont ainsi faits! Vivre la même vie Toujours, pour ces gens-là cela n'est point hideux. Ce canard n’a qu’un bec, et n’eut jamais envie
Ou de n’en plus avoir ou bien d’en avoit deux.
Aussi, comme leur vie est douce, bonne et grasse Qu'ils sont patriarcaux, béats, vermillonnés,
Cinq pour cent! Quel bonheur de dormir dans sa crasse De ne pas voir plus loin que le bout de son nez |
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