‹ La chanson des Gueux (volume 3)Chapitre 94 sur 194 · PLEINE EAU · texte numérisé non relu

PLEINE EAU

Les bain’ à quat’ sous, Voyez-vous, C’est fait pour les gens riches.

Moi qu’a pas l moyen Nom d’un chien!

Quand ;” veux tremper mes guiches, Gratis pro Deo | Sans bateau }?” m'en vas faire un’ pleine eau.

Les bain’ à quat’ sous, Voyez-vous, - C’est plein qu’ça en débonde.

L’ goujon qu’on y j’tt’rait Y crèv'rait.

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Gna pas d’eau pour tout l’ monde.

C’est pour ça qu’ c’est cher :

On a Pair D’y nager dans d? la chair.

Les bain’ à quat’ sous, Voyez-vous, Chacun y laiss’ sa trace.

C’est pas drôl, ma foi, Quan’ on boit, D” gober un bouillon d’ crasse.

Ça vous met dans l’ cœur Une odeur Comm’ d’égout collecteur.

Les bain” à quat” sous, Voyez-vous, On n’y trouv’ pas d’ verdure.

Moi j'aime en plein air, Comme un ver, Êt vu par la nature.

Lorsqu’entre deux eaux J” vas su’ l dos, J’aim” sentir les roseaux.

Les bain’ à quat’ sous, Voyez-vous,

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GUEUX DE PARIS 127

Ont un fond d’ bois qu'est traître.

Moi qui prends mon bain Chaqu’ matin, Et qui m’y noy’rai p’t’-être, | J” veux pour mon sommeil L’ fond vermeil Où qu’ miroite l” soleil.

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Dans les forêts dépouillées

; Déjà les feuilles rouillées

Fe Font un tapis de velours,

fe Et l’on entend de l’automne Gémir le chant monotone Coupé par des sanglots lourds.

Les frileuses hirondelles, Rasant le sol de coups d’ailes, Se rassemblent à grands cris, Et tous les oiseaux sauvages S’appellent sur les rivages Près des étangs défleuris.

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