‹ La chanson des Gueux (volume 3)Chapitre 99 sur 194 · AS A · texte numérisé non relu

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Oh! quelle diabolique verve!

Plus vite! Plus haut! On s’énerve,

On souffre, on bäâille. Tout à coup

Ün rire de rage et de fièvre

Vient vous mordre au coin de la lèvre Et vous tordre le cou.

Car la voix, jetant un sarcasme, Etouffe dans un accès d’asthme | Ridicule, et le son pâmé | À l’air d’avaler des arêtes | Avec les étranglements bêtes | D'un chat enrhumé. |

Mais le fou sait jouer son rôle, Et, s’apercevant qu’il est drôle, Se met à pleurer et se plaint.

Cette plainte d’abord est telle Qu’une mouche qui bat de l’aile Dans un nez trop plein.

Peu à peu pourtant elle chante Sut une note si touchante | Qu'elle éteint le rire moqueur; | Et d’amères rancœurs remplie Sa navrante mélancolie

Vous va droit au cœur.

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GUEUX DE PARIS

Oubliant ce qu’on vient d’entendre, On s’apitoie, on devient tendre Pour le fou qui pleure toujours.

Nos peines ont été les siennes,

Et nous songeons à nos anciennes Et tristes amours.

Notre voix à sa voix unie

Chante la lente litanie

Du souvenir et du regret,

Chanson lointaine, monotone,

Et qui ressemble au vent d’automne Dans une forêt.

Et quand lé pauvre fou s'arrête, Et meurt en renversant sa tête Dans un sanglot original, Quand, tandis que la voix trépasse, Le De Profundis fait la basse

De l’accord final.

Quelque chose en nous se resserre, Une larme douce et sincère

De nos yeux pensifs a coulé;

Et l’orgue en s’en allant nous laisse La délicieuse tristesse D'un rêve envolé.

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