‹ La chanson des gueuxChapitre 26 sur 110 · LES VIEUX PAPILLONS · texte numérisé non relu

LES VIEUX PAPILLONS

Un mois s'ensauve, un autre arrive.

Le temps court comme un lévrier.

Déjà le roux genévrier A grisé la première grive.

Bon soleil, laissez-vous prier,

Faites l'aumône I Donnez pour un sou de rayons.

Faites l'aumône A deux pauvres vieux papillons.

L'a poudre d'or qui nous décore N'a pas perdu toutes couleurs, Et malgré l'averse et ses pleurs Nous aimerions à faire encore Un petit tour parmi les fleurs.

Faites l'aumône !

Donnez pour un sou de rayons.

Faites l'aumône A deux pauvres vieux papillons.

Qu'un bout de soleil aiguillonne Et chauffe notre corps tremblant, On verra le papillon blanc Baiser sa blanche papillonne, Papillonner papillolant.

Faites l'aumône !

Donnez pour un sou de rayons.

Faites l'aumône A deux pauvres vieux papillons.

Mais, hélas ! les vents ironiques Emportent notre aile en lambeaux.

Ah! du moins, loin des escarbots, O violettes véroniques, Servez à nos cœurs de tombeaux.

Faites l'aumône ! - Gardez-nous des vers, des grillons.

Faites l'aumône A deux pauvres vieux papillons.

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