‹ La chanson des gueuxChapitre 3 sur 110 · SIMPLE AVIS U · texte numérisé non relu

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et cette chaire se trouve à l'Université de Guatemala. C'était un long voyage à entreprendre, de grosses dépenses à faire et beaucoup de temps à perdre. Je dus renoncer à ce dessein.

Un moment je m'arrêtai au choix de la langue hollandaise, qui me semble aussi jouir d une assez suave obscurité. Mais j'appris qu'un certain docteur Goripius, dans un livre publié à Anvers, en 1580, a prouvé qu'on parlait hollandais au paradis. Je ne pouvais décemment, pour déguiser des mots repris de justice, avoir recours à ce patois angélique.

Non; il n'y avait pas à dire, il fallait courber la tête, s'avouer vaincu et boire le calice de la condamnation jusqu'à la lie. Les pièces supprimées sont bien et dûment supprimées. A moins que la librairie belge ne s'en mêle, on en doit faire son deuil.

Très petit deuil, d'ailleurs, qu'on ne l'ignore pas. En somme, la main pudique de la justice n'af dans le bouquet de la Chanson des Gueux> arraché que deux fleurs entières, tout à fait vénéneuses, celles-là, paraît-il : la Ballade de joyeuse vie et le Fils de fille. Pour le reste, elle s'est contentée de retrancher par-ci parlà quelques pétales comme dans Idylle de pauvres et Frère, il faut vivre, ou de couper une queue comme

iv LA CHANSON DES GUEUX

dans Voyou. A part ces cinq mutilations, le livre est donc ici tel qu'il a été publié pour la première fois.

Tel y non pas absolument. Je l'ai, en effet, quelque peu remis sur l'établi, et retravaillé en plus d'un endroit. Mais ce ne fut point avec des idées moralisatrices et castratoires, sarpejeu ! Ce fut uniquement comme un bon et consciencieux ouvrier qui, ayant trouvé des fautes, les corrige, et ayant aperçu des trous, les bouche.

C'est ainsi que le livre s'est peu à peu augmenté non-seulement de développements nouveaux ajoutés à certaines pièces anciennes, mais aussi et surtout de trente-cinq poèmes inédits qui le complètent, et qui font donc véritablement de^ cette édition, une édition définitive, si tant est qu'il y ait quelque chose de définitif en ce monde sublunaire et transitoire, où tout coule, comme dit Heraclite le ténébreux, où les empires s'effondrent, où les pyramides s'effritent et où la magistrature elle-même sent s'affaisser lentement sous elle son rond-de-cuir inamovible.

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