‹ La chanson des heuresChapitre 22 sur 58 · NYSA · texte numérisé non relu

NYSA

N'as-tu pas retrouvé, Nysa, la fleur sauvage Qu'en m'en allant je mis dans tes cheveux épars ? T'a-t-elle dit pour moi : « Je t'adore ! je pars, (( Et la Mer qui m'emporte est la Mer sans rivage. ^>

As-tu tendu tes yeux mi-clos vers mon baiser, Comme un oiseau furtif que l'aurore émerveille, Et ton beau sein, meurtri des bonheurs de la veille, A-t-il cherché longtemps ma main pour l'apaiser ?

As-tu senti l'absence et le deuil de mon être Dans ta chair altérée et dans ton cœur ouvert ? D'un regret sans espoir as-tu longtemps souffert ? Ou, riante, as-tu dit ; Il reviendra peut-être !

128 L A CII A N s O N I) E S H E U R E S

GHLOÉ

C'est à l'heure où, criblant de flèches d'or la nue, Le soir monte, chasseur céleste, au firmament. Que je revois, Ghloé, ton fantôme charmant. Promenant dans l'azur sa blancheur toute nue.

Quand tu courais les bois, chasseresse de cœurs. N'ayant pour vêtement que le carquois farouche, Les regards de tes yeux, les rires de ta bouche Volaient de. tous côtés comme des traits vainqueurs.

Malheur à qui tendait à leurs atteintes sûres Un sein trop confiant par l'amour désarmé ! — En suivant le chemin par ta course enflammé, Ghloé, j'ai recueilli d'immortelles blessures.

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