POUR UN CHOEUR
Le carquois d'amour va sonnant Le choc de ses flèches légères.
— Gourez, bergers ! fuyez, bergères !
Le carquois d'amour va sonnant.
La brise passe en bourdonnant L'éveil des chansons bocagères.
— Chantez, bergers, fuyez bergères !
La brise passe en bourdonnant.
l']l Mai sourit, en revenant, Au rlianl des amours passagères.
— Aimez, bergers ! fuyez, bergères !
Mai nous soui-il en revenant !
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POUR DEUX VOIX
* — J'aime qui m'aime ou fuis ses pas ; Car peine ingrate ne me tente.
— Hélas ! j'ai l'âme plus constante Et j'aime qui ne m'aime pas.
— On se lait railler à poursuivre Qui ne vous poursuit en retour.
'>:j2 la chanson des heures
— Pcut-L'iru; mais il vaut mieux vivre D'amour railh' (pie sans amour.
— A qui me plaît si je veux plaire, J'impose, au moins, pareil tourment.
— Peine d'amour tient son salaire
Des doux maux qu'on souiïre en aimant.
VlillS POUR în'RK (', IIA.NTKS 253
POUR UNE VOIX
A mes pas le plus doux chemin Mène à la porte de ma belle, — Et, bien qu elle me soit rebelle.
J'y veux encore passer demain.
Il est tout fleuri de jasmin Au temps de la saison nouvelle, — Et, bien qu'elle me soit rebelle, J'y passe des fleurs à la main.
Pour toucher son cœur inhumain, J'y chante ma peine cruelle, — Et, bien qu'elle me soit rebelle, C'est pour moi le plus doux chemin !
VERS POUR KTRE CILANTKS 255
POUR UNE VOIX
Quand ton souri n» me surprit, Je sentis frémir tout mon être ; Mais ce qui domptait mon esprit, Je ne pus d'abord le connaître.
Quand ton regard tomba sur moi.
Je sentis mon âme se fondre ; Mais ce que serait cet émoi, Je ne pus d'abord en répondre.
Ce qui me vainquit à jamais, Ce fut un plus douloureux charme, Et je n'ai su que je t'aimais Qu'en voyant, tn ])rr'mière larme!