‹ La chanson des heuresChapitre 54 sur 58 · POUR UN CHOEUR · texte numérisé non relu

POUR UN CHOEUR

Le carquois d'amour va sonnant Le choc de ses flèches légères.

— Gourez, bergers ! fuyez, bergères !

Le carquois d'amour va sonnant.

La brise passe en bourdonnant L'éveil des chansons bocagères.

— Chantez, bergers, fuyez bergères !

La brise passe en bourdonnant.

l']l Mai sourit, en revenant, Au rlianl des amours passagères.

— Aimez, bergers ! fuyez, bergères !

Mai nous soui-il en revenant !

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POUR DEUX VOIX

* — J'aime qui m'aime ou fuis ses pas ; Car peine ingrate ne me tente.

— Hélas ! j'ai l'âme plus constante Et j'aime qui ne m'aime pas.

— On se lait railler à poursuivre Qui ne vous poursuit en retour.

'>:j2 la chanson des heures

— Pcut-L'iru; mais il vaut mieux vivre D'amour railh' (pie sans amour.

— A qui me plaît si je veux plaire, J'impose, au moins, pareil tourment.

— Peine d'amour tient son salaire

Des doux maux qu'on souiïre en aimant.

VlillS POUR în'RK (', IIA.NTKS 253

POUR UNE VOIX

A mes pas le plus doux chemin Mène à la porte de ma belle, — Et, bien qu elle me soit rebelle.

J'y veux encore passer demain.

Il est tout fleuri de jasmin Au temps de la saison nouvelle, — Et, bien qu'elle me soit rebelle, J'y passe des fleurs à la main.

Pour toucher son cœur inhumain, J'y chante ma peine cruelle, — Et, bien qu'elle me soit rebelle, C'est pour moi le plus doux chemin !

VERS POUR KTRE CILANTKS 255

POUR UNE VOIX

Quand ton souri n» me surprit, Je sentis frémir tout mon être ; Mais ce qui domptait mon esprit, Je ne pus d'abord le connaître.

Quand ton regard tomba sur moi.

Je sentis mon âme se fondre ; Mais ce que serait cet émoi, Je ne pus d'abord en répondre.

Ce qui me vainquit à jamais, Ce fut un plus douloureux charme, Et je n'ai su que je t'aimais Qu'en voyant, tn ])rr'mière larme!

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