‹ La chanson du pauvreChapitre 12 sur 82 · LES CLOCHES · texte numérisé non relu

LES CLOCHES

Dans les matins gris de novembre, Quand l'aube est indécise et triste, Les cloches rythment le silence De leur complainte catholique.

Ce ne sont pas les cloches triomphales, Les lourds bourdons des cathédrales, Mais des cloches monacales Qui scandent les nombres du sort.

Leur envol sinueux et lent, Gomme des ailes d'oiseau blessé Plane sur les remous du vent Qui se lève comme à regret.

Leur voix, — un sig-ne dans le silence — Entre dans les maisons qui dorment, Et passe, en jetant sur les âmes qui souffrent, — Comme un peu de semence, — L'inquiétude et la pensée :

C'est le prêtre au chevet du malade...

C'est l'enfant que Ton veille un soir... C'est la chandelle de l'espoir Qui vacille et s'éteint dans l'heure. ..

C'est l'horlog-e qui parle Des vieux qui ne sont plus. .

Ce sont les nombres révolus Et le coup d'un marteau clouant les quatre planches. Et c'est, dans tout notre être Et dans le vide des dimanches, Des cloches qui sonnent les vêpres.

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