LES SOUVENIRS
Ils s'en allaient, tous deux perclus, Tous deux très vieux !
C'était H l'heure indécise et muette Où notre âme s'inquiète De savoir que le jour se meurt.' Et tous les soirs, à la même heure, Par les mômes chemins, Vers la même maison, Ils s'en allaient, tous deux très vieux,
S'appuyant de la main Sur leur canne au pommeau d'ivoire.
Là, près d'un feu presque éteint, A la lueur d'une chandelle Qui se mourait avec leur âme,
Ilsévoquaientdaus le lointain, Gomme des ombres de silence, Des histoires si vieilles, si mortes, Que leur voix même en quelque sorte, Etait encore du silence!
Et quand la nuit était venue, Ils entr'ouvraient doucement la porte, Et s'en allaient, s'effaçant dans Tombre Et n'étant plus, eux-mêmes, qu'un peu d'o;nbr3.
LA CUANSO.N DU i'AtVlVE 5l