LA MORT
Ce soir, la gueuse fatale, La vieille livide et brutale Aux mains calleuses, au front bas ; Celle qui marche au milieu des chemins, Tantôt ici, tantôt là-bas, Barrant la route au lendemain ; Celle qui fait sonner les pierres De son bâton noué de fer, Et de ses deux sabots d'enfer;
Ce soir, la mort a, sans raison, Passé le seuil de ma maison.
J'étais rêveur, au coin du feu,
Lisant l'espérance et la vie
Dans les yeux bleus de mon enfant.
La vieille entra Et vint s'asseoir entre nous deux...
Et je n'avais pas vu qu'une chaise était là...