L'ENFANT PRODIGUE
La lune éclairait le inonde
Quand je traversai le verg-er,
Par un soir de paix si profonde
Que mon cœur en g-arde encore le regret.
J'avais parcouru la terre Et traversé mille chemins; J'avais passé par les misères Et les ronces du cœur humain.
J'étais las enfin d'amertume
Et je n'avais plus qu'un espoir,
Que ceux-là g-uériraient mes blessures
Qui, seuls au monde,m'attendaient ce soir.
Avant de pousser la porte,
Je voulus voir et je les vis,
Au coin du feu, l'un près de l'autre,
Se taisant dans la nuit.
A quoi bon les vaines paroles Dont s'elTarouclie le souvenir, Puisqu'ils pensaient la môme chose. , Leur fils allait-il revenir?
Dans l'âtre, sous la cheminée, J'ai suspendu mon violon Où pour la suite des années Dorment àpréscnt mes chansons.
Pourtant il est des soirs de peine Où je voudrais entendre encor L'inoubliable poème Des navires quittant le port.