‹ La chanson du pauvreChapitre 42 sur 82 · LE ROUET DE VIE · texte numérisé non relu

LE ROUET DE VIE

Mon âme tourne sans amour, Le rouet de l'an solitaire ; La nuit elTaoe chaque jour.

Sans que je reg'arde la terre.

Mes yeux sont à jamais posés Sur les mensong-es dont j'abreuve Ma soif des idéals baisers, Et de mon cœur ma vie est veuve.

Ma vie est veuve d'ici-bas ; Elle est veuve et triste sans doute ?

Je ne sais, n'ayant même pas Remarqué son deuil sur ma route.

MON cŒrn rLHunE d autiviefois 117

Mais je la pressens sans la voir :

Ce doit être une fille sombre, Aimant l'automne dans le soir, N'errant qu'aux étoiles, dans l'ombre.

Car n'est-ce pas le soir douteux Que se cueille dans les pelouses, Le reç;ard des mcnson"-es bleus Eclos au seuil des nuits jalouses?

J'aime tout ce qui va finir, Ce qui défaille et ce qui tombe.

Et j'entends, dans le soir, s'unir, S'unir des ailes de colombe.

J'aime les chambres de mon cœur, Où filèrent des mains étrang^es ; Là, dans un très ancien bonheur, J'ai vu, je crois, mourir des ang-es.

Mon âme tourne avec amour Le rouet des pâles mensonges ; La nuit s'efFace dans le jour

Sans me réveiller de mes songes.

Page 1