‹ La chanson du pauvreChapitre 43 sur 82 · MISERE · texte numérisé non relu

MISERE

Depuis que le palais de mes songes Et de mes amours fut dévasté Par le peuple jaloux des mensong-es, Je traîne ma pâle royauté.

Je suis l'étrang-e indigent de rêves, Ce mendiant d'anciens parfums, L'exilé des faméliques grèves, Oui prie aux routes des temps défunts.

Et vous, passantes en ma misère, Si mon amour vous implore, il ment Car mes mains pauvres sont en prière D'un peu de souvenir seulement.

iSSS.

MON CCEUa PLEURE d'AUTHEKOIS 1 I rj

La paix habitait ma maison ;

Je vivais seul, mais sans tristesse ;

J étais jeune de ma jeunesse ;

Les fleurs naissaient en leur saison.

Mais les jours sont faits de mystère, De rigueur et d'étrang-eté; Les roses meurent de l'été Quand il ne pleut pas sur la terre.

Les barques vog-uent sans amour Quand la brise s'est ralentie ; jMon âme reste repentie D'avoir eu trop de joie un jour.

Tout est un peu maudit sans doute, Le plaisir comme la douleur ; On laisse un regret de son cœur Dans les auberg-es de la route.

Un peu maudit, oui, je le crois, Le destin des choses mortelles ; Car même la g"aîté des ailes De nos moulins est faite en croix.

MON CŒUR PLEUUE 1> AUTREFOIS

CHANSON

Eloig-ne, oh ! ces lèvres encore Jadis si doucement parjures; Et ces veux, ces aubes impures, Lumières abusant raurorc.

— Mais rends-moi mes Ijaisers donnés,

Pauvres baisers !

Sceaux de l'amour en vains sig"nés.

Sitôt brisés !

Cache ces collines de roses, Cache, oh ! les neiges de tes seins, Et leurs roses qui sont écloses, Gomme un Avril en des jardins.

Oh ! mais rends-moi d'abord mon cœur,

Mon pauvre cœur Captif aux neiges de ton cœur !

Rends-moi mon cœur.

MON COlVn PLEURE d'aL'TREFOIS 123

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