LES MAINS
Sur les fenêtres de mon cœur Deux pâles mains se sont collées, Mais de douleur et de malheur, Mains de la mort, mains effilées.
C'était sinistre de les voir Si nocturnement illunées, Levant vers moi leur désespoir, Telles que des mains de damnées.
Et Celle de ces mains de deuil, Oui donc pouvait-elle bien être, Pour que la mort fût sur mon seuil, Depuis ce soir de la fenêtre?
MON CŒLIl l'LEUnE D AUTREFOIS
Non, ces mains ne pouvaient bénir; Maudites, certes, étaient-elles ; Puisque j'ai désiré mourir D'avoir vu leurs pâleurs mortelles;
Puisque le vin de mes amours, Amertumcux et plein de larmes, Endolorit le pain des jours, Depuis leur sig-ne aux fatals charmes.
Mains sinistres ! mains de poison!
Geste de ténébreuses vierges I Vous avez lui dans ma maison, Comme deux mortuaires cierg-es.
Ma douleur regarde la mort, Car l'espoir a fermé sa porte...
Et, tristement, le vent du Nord Souffle sur ma chandelle morte.
iS8ô.