‹ La chanson du pauvreChapitre 46 sur 82 · LES LEGENDES · texte numérisé non relu

LES LEGENDES

Nous sommes les filles du Rhin, Les vierg-es mortes des Id-g-endes, Celles des berg-es et des landes, Faites de lune et de matin.

La nuit, nous traversons les villes, Silencieuses, en secret, Et rien, par nos ombres fragiles, N'est émerveillé, ni distrait.

Les maisons oii l'on a chanté Les fables dont nous sommes reines Demeurent closes et sereines, Dans l'oubli, dans robscurité.

Pourquoi réveiller vers les songes Les morts de nos vaines croyances?

Que leur importent les mensong-es De nos subtiles apparences ?

Aussi, nous les filles du Rhin, Survivances d'époques sombres, Nous suivons, à travers les ombres, Notre mystérieux chemin.

L'oubli qui nous rend invisibles Ne sait pas qu'en des pays bleus Il est un manoir merveilleux.

Aux tours de rêve inaccessibles.

Là, par un clrang-e mystère, Toutes les reines d'autrefois Et les princesses de naguère Et les pâles filles des rois ;

Là, toutes celles des ballades Que les mères ne chantent plus Aux berceaux des enfants malades, Retrouvent leurs anneaux perdus.

MON CŒUn PLF-UKK D AUTI\EFOIS I2r)

C'est là que nos voix étouffées Rediront les lég-endcs d'or.

C'est là que nous serons encor Celles qui sont mortes, les fées.

Oui, c'est là-bas, à ce manoir Dont les fenêtres sont en fête, C'est au cœur des divins poètes, Que nous irons frapper, un soir.

l3o LA CHANSON DU PAUVRE

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