‹ La chanson du pauvreChapitre 51 sur 82 · CELLES DE LA NUIT · texte numérisé non relu

CELLES DE LA NUIT

Aux bords opalisés de lune Et déserts d'adieux éternels, Nous errons, seules, une à une, Veuves des lys spirituels ;

Et nos mains, à jamais marries, Ont oublié Tart des fuseaux, Fleurs nonchalantes et flétries, Nénuphars exilés des eaux.

L'amour a blessé toute envie ; C'est pourquoi telles nous voici : Immarcessibles à la vie, Comme mortes déjà d'ici.

l38 LA CHANSON DU PAUVRE

Tocsin de cloche, appel nocturne, L'espoir du cœur a tu sa voix ; Nos lasses mains ont brisé l'urne Dans quoi nous buvions autrefois.

Là, sous des robes nuptiales Dont nul n'entr'ouvrira l'orgueil, Voilant le mal qui nous fit pâles, Nous illuminons notre deuil,

Et contemplons, bien résig-nées.

Passer sur J'eau de nos douleurs, Les barques folles, mais sig-nées Du souvenir de nos pâleurs.

MO.N CŒUR PLEURE d'autixefois iSg

Par les soirs bleus et les nuits brunes, Je me souviens de mon vieux cœur ; Je rêve à mes vieilles rancunes, Et je song-e à l'ancien bonheur.

Ce qu'ont laissé de souvenance Les jours passés, oh! c'est si peu!

Moins de baisers que de souiFrance Et plus d'ennuis que de ciel bleu !

Que de pleurs a pleures mon âme I Si peu d'amour et tant de deuil I Non ! Je ne sais plus qu'une femme Deux fois ait passé sur mon seuil.

Et l'oubli ne clôt pas ses portes...

C'est triste de se souvenir Qu'en soi tant de choses sont mortes, On voudrait bien aussi mourir.

MON CŒUI\ PLEURK d'aUTREFOIS Ï^I

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