ECARTE DE MON CŒUR
Écarte de mon cœur tes chères mains maudites, Et tes cheveux de mal qui m'oppressent encor D'amour qui se regrette... Au loin j'entends le cor Qui chante au fond des temps les caresses proscrites..,
Tu ne cueilleras plus du moins les lys de nuit, Lys ténébreux et blancs, fleurs de mort et de lune. Dont mon âme hivernale, en givre de rancune, A g-elé ta fenêtre idéale qui fuit.
Vois cette floraison chimérique, inutile, De mon rêve exilé du temps à tout jamais ; Songe au pauvre qui pleure au pied de ton palais, Oh! et file en regrets le souvenir stérile...
MON CŒUR PLEURE d'aUTRKFOIS l^"]
COMMEMORAISON
Tant d'abandon et solitaire Etait ma chambre en ce soir-là, Qu'un peu de sommeil salutaire En souvenance m'exila;
Et les belles efFarouchées Revinrent aux fuseaux heureux, Troubler le rêve poussiéreux De leurs ballades desséchées.
Leurs lasses mains, candidement, Etaient peureuses que tout sig-ne Ne fût à mon rêve d'amant Comme une caresse de cyg-ne ;
l48 LA CHANSON DU PAUVRE
Et leurs voix étaient spéciales
Du rhythme de tous les mensong-es,
Fleurs héraldiques et royales
Aux manteaux d'azur de mes song-es.
MON CŒUR PLEURE d'aUTREFOIS I^Q