‹ La chanson du pauvreChapitre 59 sur 82 · LES VOIX LOINTAINES · texte numérisé non relu

LES VOIX LOINTAINES

Celui qui n'a pas tout mon cœur Ne saura rien de ma pensée :

L'âme qui n'est pas la sœur, La sœur jumelle de mon âme, N'entendra rien à ma douleur.

Ma vie en deuil, comme une femme Qui pleure long-temps, s'est lassée Et mon âme, discrète et pâle, N'est plus qu'une chapelle close En un cimetière oublié.

Nul genou, sur la blanche dalle, Depuis longtemps ne s'est plié,

l6o LA CHANSON OU PAUVRE

Et c'est, à l'heure où toute chose Se transpose un peu de mystère, Dans la chapelle solitaire, Une musique liturgique Si profonde et si vespérale Et si lointaine de la terre, Une musique qui s'exhale En l'âme close d'un cantique :

Des voix de femmes inconnues Et de simples congrég-anistes ; Des voix on ne sait d'où venues, Mais si pénétrantes, si tristes...

Et l'oro-ue un peu les accompagne...

Et c'est le soir dans la campag-ne.

MON CŒUR PLEURE d'aUTREFOIS i6i

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