‹ La chanson du paysan [microforme]Chapitre 10 sur 73 · TE EMPTE TENTE TOUS · texte numérisé non relu

TE EMPTE TENTE TOUS

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Et seul, je songe en vain aux amis d'autrefois, À mon passé d'enfant envolé comme un rêve, Et seul, peut-être aussi, le cœur triste aux abois,

Je maudis cet exil qui jamais ne s'achève !

Ah! qu'importe des ans les revers et les maux ! L'ans chaque souvenir, je vois sa forme antique Avec des airs frileux dans les vents hyémaux,

D'e neige se vêtir du pignon au portique.

Je vois le jardin clos odorant de lilas, Le puits abandonné, la proche érablière, Qui tous, de l'être absent, aux choses d'ici-bas,

Répètent le chagrin de leur douleur amère.

Oh ! la vieille chaumière. au moindre vent du soir N'est-elle pas semblable à quelqu'âme fdèle Veuve de ses amours, veuve de tout espoir,

Et que ronge l'ennui d'une peine nouvelle ? —

Dors, toi qui fus jadis mon rustique berceau ! Dors, sous l'égide saint de la voûte étoilée ! Dieu bon dans sa grandeur donne l'air à l'oiseau,

A tes plaisirs d'antan donnera ma pensée.

Le bruit des printem ; fous aux rythmes cadencés, À frémi, car, là-haut, les meulles d'un autre âge GaŸdent pieusement, sous leurs voiles fannés,

Le culte des aïeux comme un précieux gage.

Jusqu'à l'heure, à cette heure, où nous viendrons à deux Éveiller les échos de tes chambres fermées, Et semer dans les coins des rires amoureux

Qui rempliront de sang tes artères glacées.

Vêtus de leurs manteaux cendreux de velours gris, Les tisons à leur tour jetant mille étincelles, Dessineront alors sur les pâles lambris

Comme des feux-follets en autant de parcelles.

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à deux.

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Ah ! que tout est changé ! Les vieillards ne sont plus

Moins qu'un bonheur parfait et l'ombre

LA CHANSON Dpt PAYSAN

Puis ce sera l'été dorant la mer, les bois :

Des chariots remplis de blé mûr et d'avoine,

Qui ploiront sous leur charge, et des chiens aux abois £

Poursuivant des moutons senfuiront vers la pla

Comme il fait bon revoir son ciel si pur et beau C'est pourquoi je reviens honteux de mon absen

Tel un déshérité, rechérir au tombeau,

ce,

Ceux dont la race en moi n'a plus qu'une espérance.

Et les bambins d'hier aujourd'hui sont des hommes !

l'out ca des paysans qui n'ont jmais connu

Écoute !... Me voici, chaumière «u seuil trembl

\mie à qui je dois toute ma nostalgie.

La porte grince et j'entre ainsi qu'un mendiant,

‘atigué de marcher vainement dans la vie.

ant,

de leurs ormes.

Le Christ à l'autre bout de la pièce reluit, Tel qu'il était jadis, frappant, bien à la vue ! Vois, il m'ouvre ses bras à moi qui le trahit.

Ne pardonnes-tu pas à ma misère accrue ?.

Et je pleure à genoux, la tête sur ce lit De f°-ille qui garde encore à mon oreille, L'adieu de ceux dont l'âme un jour quitta sans bru

L'immensité du monde où nul ne se recueille.

Il me semble qu'alors j'entends, dans la splendeur D'un avenir meilleur, des accents d'outre-tombe, Des voix dont la sagesse encourage le cœur

Quand l’âme se lamente et que l'esprit succombe.

Voilà de l'être humain le destin fraternel.

Gloire, jeunesse, espoir, richesses et génie, Dieu veut que rien ne soit à jamais éternel

Ici-bas où l’on naît en proie à l'agonie.

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