SALUT, Ô SAINT-LAURENT
Salut, à Saint-Laurent, salut et gloire à toi ! Salut, fleuve géant aux rives accueillantes !
Non cœur par son amour, mon âme par sa foi, Chantent d'un doux accord tes beautés enivrantes. Quand la vague moutonne et que la brise pleure Son refrain coutumier au bord du firmament,
Sur la rive je viens et parfois je demeure
Comme un petit oiseau de l'aigle se cachant.
O grandeur !
6 Séjour terrible de Neptune !
Combien de fois, hélas, tu gémis vers le ciel !
Que de fois le courroux de ta sombre rancune Jette son crêpe noir sur un humble mortel !
Et pourtant, malgré tout, je t'honore et je t'aime. Dans ton angoisse au soir d'un honteux désarroi,
Nul ne saura jamais le secret lourd et blême
Qui de mon front jaillit triomphant jusqu'à toi,
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