MÉDITATION POSTHUME
Naître avec le printemps, mourir avec l'automne ; Du calice des fleurs s'envoler au matin ;
Voltiger par les champs dans l'air du ciel atone.
Voilà du papillon l'immuable destin !
Quand ma fenêtre ouverte aux parfums des bosquets, Laisse quelque vent doux me frôler en silence, Je rêve... et dans mon cœur pénétré de regrets,
Il me semble qu'alors S'héberge l'espérance.
Et comme un divin leurre à son amour fidèle, En moi j'entends un bruit de murmures confus. Est-ce l'écho lointain d'une voix qui m'appelle,
Où l'humble souvenir de ceux qui ne sont plus ?
Un accent ténébreux à cette heure me dit É ” Homme de peu de ;
foi qui dans le mal succombe,
"Tu n'es qu'un désœuvré cheminant dans la nuit.
* Du berce:
iu dont tu ris au gouffre de la tombe ! *
Comme un ruisseau des champs vers quelque
sombre rive Roule ses flots jase
urs sans espoir de retour, Telle est de l'existence une
‘uage furtive,
Que nous ne regardons, hél
as ! parfois qu'un jour !
Qu'est-ce done que la vie, à divin Créateur 2
Un éclair sans reflet
. Une illusion brève !
Le fugitif désir d'un moment de
bonheur,
Une course à l'abime et qui bientôt s'achève !
Pauvre corps sans soutien fait de boue et de terre,
Pour un caprice, un rien, tu te pl
alns Sans raison,
Car, facile sujet de l'horrible misère,
Des maux qui ne
sont pas tu veux la guérison.
Courbe-toi vers la fosse et jusqu‘
à t'en meurtrir,
Sans relâche, trois fois, frappe-toi la poitrine !
Le ciel est pour celui qui ne craint pas souffrir,
Comme Jésus le fils portant sa croix divine !
LA CHANSON Dpt PAYSAN
LES FANNEURS
SONNET Le jour est né, le ciel à l'horizon s'éclaire.
Aussitôt, la campagne, ivre des chauds rayons
D'un soleil éclatant, se remplit de lumière :
Le pâtre et son troupeau regagnent les va lons.
Torse nu, le front bas, inclinés vers la terre,
Sans repos, les fanneurs au cri-cri des grillons,
Épandent sur le sol que borne une clairière,
Le foin qui fume et sent des parfums doux et bons.
Parfois, dans les sentiers, à travers la futaie,
Beugle une vache, ou bien, de derrière une haie,
Une poule gloussant appelle ses poussins.
Et tout redevient calme, A part soi chacun pense,
Regardant les enfants se rouler dans les foins,
Au temps lointain déjà de leur joyeuse enfance !
LA CHANSON pr