LE CALVAIRE DU CHEMIN
SONNET
Sur le bord du chemin conduisant au village,
Il est un vieux calvair
e à demi vermoulu
Dont la croix de bois blanc à l'ombre
du feuillage,
Met un ray
on d'espoir jusqu'à nous parve
Parfois un mendiant s'y arrête Un instant il élève Et re
au pass” ge ;
au Christ son cœ prend plus dispos le long
Qui le conduit sans trè
ur ému,
pèlerinage
ve, hélas ! ve
rs l'inconnu.
Combien de nous, chrétiens, ont gardé l'habitude
De venir quelque soir tout plein de solitude
Ployer les deux ge
noux devant ce monument ?
Et cependant, toujours, comme en son sanctuaire.
Sans se lasser jamais de veiller humblement.
Le divin Rédempteur attend notre prière,
C'est l'été dans les bois O joie ! Un doux rayon De lumière folâtre a traversé la nue.
Le vent chaud, dont la voix gazouille à l'horizon
Nous redit en passant sa prière inconnue,
Le ciel appuie une caresse sur mes yeux,
Et je vois le pin noir qui pleure sa résine,
Déposer de l'ombrage au fond du vallon creux
Que sillonne un ruisseau venu de la colline.
Les cerisiers en fleurs ployent sous leur fardeau ; N'entendez-vous pas de partout monter la sève, Et les nids chuchoter un cantique nouveau
Plein du parfum des lis d'une lointaine grève ?
C'est l'été duns les bois Or, là-bas, seul au sein Des massifs odorants, je vais révant sans trève, Et le charme du jour, immensément serein,
Se mêle à ln douleur qui de mon cœur s'élève
Tant d'amour parle à Dieu dans ce pâle décor,
Qu'on voit du front neigeux de lu forêt prochaine,
Les lèvres de la nuit frôler dans leur essor
La bouche de l'été chantant sa cantilène.
Les oisillons jaseurs sous les rameaux touffus, Au soir harmonieux où plane le mystère, Dans leur concert ailé fait de bruits ingénus,
Jettent un doux émoi dans mon cœur solitaire,
C'est l'été dans les cha mps... Le dernier moissonneur, La faulx sur son épaule, accélérant sa marche, Contemple la chaumière où son esprit rêveur
À d'autres souvenirs des aïeux se rattache.
üt) LA CHANSON DU paysan
Et, doucement, le soir se fait plus tendre et bleu,
L'oiseau ne chante plus sous le sombre feuillage,
Pendant qu'au nord lointain l'astre du jour en feu
Met un dernier reflet au fond du paysage !