CHEZ-NOUS
Le village, chez-nous, en proie au moindre vent, Tel un nid de pinson caché sur quelque cime, Se mire sur le fleuve où de loin le couchant
Semble aux rudes marins s'enfoncer dans l'abtme.
Parmi les sapins verts déchirant l'horizon, Le clocher d'une église élève sa croix noire : La voix du grave airain dit parfois sa chanson ;
Des oiseaux font leurs nids dans la proche clairière,
Et le ciel blanchissant au matin revenu.
Voit l'aurore envahir tout doucement la terre. Cependant que plongeant ses feux dans l'inconnu.
Le soleil à son tour nous guide et nous éclaire.
Puis vient l'heure nouvelle où les toits éveillés, Lancent dans l'air brumeux leur gamme coutumière
Dont l'écho vagabond en l'épaisseur des blés
Monte vers le Très-Haut comme un bruit de prière,
C'est aussi le moinent marqué pour les travaux, Car par les champs, les prés, de jeunes paysannes Vont glanant les épis oubliés des rateaux.
Et que ne semblent pas respecter les profunes.
\vec au bras l'anneau de son triste labeur, Chacun suit le sentier où mène l'espérance, Heureux de son destin qui peut-être meilleur,
Apportera demain un peu moins de souffrence.
Voyant le ciel rêver et leurs enfants grandir, Tout le monde se plaît dans notre humble village, Ayant au cœur chacun l'amour du souvenir
Par les aïeux laissé comme un juste héritage.
Désirant rien de plus, ne voulant rien de mieux,
Cher petit coin de sol témoin de mon enfance,
Que mon dernier regard soit pour toi quand mes veux
Se fermeront en paix dans l'éternelle absence !