L'ORAGE
A nos regards, le ciel est gris, le vent S'apaise, Il pleut... Les bois touffus étincellent de pleur Dans l'air montent du sol où l'orage S'affaise,
En nuages errants de multiples vapeurs.
La bourbe glisse et trouble en passant la fontaine : Tout l'horizon n'est plus qu'un immense rideau Trop lourd, où le Parium de la forêt prochaine,
S'abîme et disparaît aux caresses de l'eau.
La lumière en tout lieu devient ombreuse et fine :
Pressant, le lal ‘ur vers la grange luit ressant, le laboureur vers la grange condui
Son grand troupeau beuglant venu de la colline :
Il n'est plus jour aux prés et ce n'est pas la nuit.
LA
CHANSON DU pays AN
Les fruits verts des vergers que fait mûrir la pluie Sentent s'ouvrir leur chair desséchée au soleil. Dans les champs, par la plaine, au jardin c'est la vie
Qui renait comme après un paisible sommeil.
Les cailloux des sentiers, mis à nu par l'orage,
Se dessinent nombreux : le ruisseau débordant
Sur son lit de glaïeuls se lamente et fait rage,
Et traîne vers la mer un sable tout fumant.
Dans les arbres branlant leurs fronts chargés d'om-
Un éclair a surgi, la foudre éclate, un pin {[brage, Déchiré par le flanc s'écroule, et son feuillage
Jonche de ses débris les abords du chemin.
Le bourg semble dormir, les chaumières sont closes.
Au foyer, près du feu, des enfants pleins les bras, Le bon paysan rêve aux caprices des choses,
Dont Dieu conduit si bien les destins ici-bas.
LA CHANSON bi
Aux fenêtres l'averse à cette heure ruisselle,
Tinte des sons dole
nts comme un trop fréle ; Oh !
las que la pluie est triste à son rôle fidèle, Dans sa chute voilant jusqu'au bruit de nos pas !