HIVER
Respectueusement dédié a
Monsieur Louis Boldue. ptre
Le grand vent du nord-est rôde, soupire et pleure \u fond de la savane où nichent les hiboux La neige dans la nuit envahit ma demeure,
Poudre les vieux sentiers et les buissons de houx,
On dirait qu'une louve en quête de rapine, Hurle son désespoir aux toits pleins de glacons, Car, la bise qui passe, à la forêt voisine
Met dans les pins tremblants d'invincibles frissons,
Le sol n'a plus de sang et la pauvre nature Blessée au cœur, gémit sous son vaste linceul ; Le froid rougit les mains, nous mord à la figure :
Les grands bois dépeuplés se sont voilés de deuil
LAN CHANSON bit FAYSAN
Et la campagne au loin, au fond de lu vallée, Viee ses blanes coteaux et son clocher réveur Où monte vers le ciel des maisons lu fumée,
semble un nid solitaire en proie à sa douleur
‘liver, lugubre hiver, qui sous d'épais nunges,
Nous cache le soleil tx feux réconfortants,
Combien sombres et lourds sont faits tes paysages,
Combien tu parais triste aux vicillurds. aux enfants !
Hiver, triste saison, dont lu fuite trop lente Enveloppe le monde entier sous ses frimus,
Tu jettes le regret dans l'âme vigilante,
Iuest pus un mortel pleurant sur ton trépas !
\s-tu pesé du pauvre un instant la misère ?
Vois ce gueux sur la route, aujourd'hui, par ce temps.
Or sa femme au logis épave poitrin are
De bambins entourée. espère le printemps.
156 LA CHAN MEN DH Paysan
Donnez, riches, donnez ! Où la souffrance est grande. Versez l'or sans compter comme un semeur le grain. Et Dieu bon duns su gloire à votre juste offrunde,
Saura récompenser celui qui fait le bien