‹ La chanson du paysan [microforme]Chapitre 69 sur 73 · NOËL D'ANTAN · texte numérisé non relu

NOËL D'ANTAN

Minuit sonne au beffroi de givre recouvert.

Les cloches en prière ouvrent grandes leurs ailes

Dont l'essor généreux à l'horizon désert.

Répète avec douceur Fhosinna des fidèles,

La neige étale aux champs sa princière beauté k

Une étoile à surgi tout à coup d'un nuage,

Et dans le soir rêveur par la lune argenté,

Un long frisson d'émoi descend sur le village,

Sous un toit en lambeaux, un enfant dans son lit Tousse en mêlant sa plainte aux baisers d'une mère Qui, malgré sa douleur, le contemple et sourit,

Songeant à lEnfant-Dieu naissant dans la

nisere,

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Près de la lampe éteinte et le front dans la main, J'écoute, en regardant lâtre qui brille et fume, La bise sanglotter au fond du ciel lointain,

Des grands pins dénudés la secrète amertume.

Malgré les froids aigus de eette nuit d'hiver, Sortant de leur paisible et rustique c'aumière, Joyeux, des campagnards, vont d'un pas noble et fier,

Vers l'église où des voix chantent l'heureux mystère.

D'autres — les vieilles gens dans leurs rudes traîneaux Unissent leurs chansons à ceux qui, sur la route, Se redisent entr'eux quelques noms amicaux,

Emportés par le vent vers la céleste voûte

Les orgues éveillées déchirent leur ennui :

L'encens parfume l'air et monte vers la crèche Où le cierge d'or brille en éclairant Celui

Qui dort paisiblement sur de la paille fraîche.

aux

O Noël ! il suffit d'un indicible accent, D'un refrain de berger, pour que comme les Mages,

L'homme éloigné de Dieu revienne triomphant,

Déposer à ses pieds de repentants hommages,

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