VIEIL AN
Dans les pins dominant le clocher du hameau, Le vent du soir en deuil chante sa ritournelle ; La lune pâle et morne, en deça du coteau,
Mire son front d'argent sur la neige nouvelle.
Un silence profond nous glace tout entier ; Décembre agonisant se pâme sous l'orage Des jours par Dieu proserits au triste sablier
De la mort qui, partout, se lamente et fait rage.
Imprévu, douloureux, le fantôme du Temps Se dresse devant nous comme un juge sévère, Et compte avec ferveur, au grand livre des ans,
Ce qui reste à chacun de souffrances sur terre.
ere
Dans l'âtre le tison sous la cendre caché, Se meurt en évoquant l'image de ma vie Qu'efface sans retour le remords du passé
Et dont le vague adieu semble une réverie,
Un reflet dans mes veux a brillé comme un pleur. Hélas ! c'est que l'aiguille au tic-tuc de l'horloge Va sonner du vieil an le glus qui, duns mon cœur,
Résonnera pareil à quelque bruit de forge,
Douze coups cadencés dans la nuit du néant S'envolent sans retour. J'entends le dernier râle De l'année expirante, et, comme un cri d'enfant,
La voix de l'an qui nait du sein de la rafale,