AVANT-PROPOS
Vu mois de septembre 188'), lorsque la nouvelle se répandit dans les chambrées de la caserne d'Aix-en- Provencc que notre régiment allait partir pour la Corse, nous étions nombreux à considérer cette 0 relève de garnison » comme un départ pour l'exil, pour un exil plein de sombres dangers.
— Quel pays ! disions-nous avec le préfet de la Co/omha de Mérimée.
Car on connaît surtout — très mal, d'ailleurs — la Corse pittoresque aux maquis profonds et siirs, où, à travers les leiitisques et les myrtes odorants, silllent les merles et les balles, et où de farouches et innombrables l)andits partagent leurs loisirs errants entre les exercices de l'escopette et les ferveurs du rosaire.
Ne pouvant obtenir un changement de corps, je me résignais — revenu depuis c|iiel{iues mois à peine de rExlréme-Orient et de l'Océanie — à retourner chez des « sauvages ». Car c'est ainsi que, sur le continent, nous désignons volontiers les habitants de cette Corse qui, française depuis près d'un siècle et demi, nous reste aussi inconnue o»i méconnue i[\\v la plus lointaine (]o Fïos colonies.