CHAPITRE IV Légende ; légendes et superstitions
En dehors de la légende proprement dite, qui est à chaque peuple l'enfance de son Histoire, et dont nous n'avons pas à nous occuper dans cet ouvrage, les Corses possèdent des légendes à demi historiques déjà recueillies pour la plupart ^. D'ailleurs, un peuple qui, avec toute la modestie méditerranéenne, se donne pour ancêtres des sirènes et des titans ~, ne pouvait en manquer.
Nous ne citerons donc que pour mémoire : l'épisode de François délia Rocca, le mauvais comte de Cinarca, traître à la Corse, de qui le Diable emporta le corps et l'âme après que Dieu lui-même eût détruit son château, repaire des Génois et refuge de toutes les iniquités ; la mort du Bel Messere dont nous venons de parler ; l'épisode du comte Arese, seigneur fantasque, diabolique et cruel qui, dans son manoir dominant le Prunelli, assemblait streghe et mazzere ^ et devançait de quelques siècles, et avec plus de grandeur sinistre,