CHAPITRE VU Le rythine musical ; la mélodie corse
Dans une comédie de Phérécrale, dont Pliilarque nous a conservé le passage, nous voyons la Musique se plaindre amèrement de n'être plus aux gages des poètes mais indépendante, alors qu'auparavant, parla finesse des inflexions de la langue au lieu du calcul des intervalles mélodiques, elle n'était que l'accent et l'harmonie de la poésie. Ainsi se définit la musique ou, mieux, la mélopée corse, de laquelle M. Paul Bourde a dit : « Les airs qui varient peu, en somme « il y en a deux ou trois, ressemblent à ces airs (( arabes qui s'émettent par le nez autant que par « la bouche, avec des notes très soutenues suivies de « brusques chutes ' ». — Ajoutons à cela que la caractéristique de la mélopée corse est d'être chantée sur un diapason très élevé et d'exagérer étonnamment les points d'orgue qui, dans cette sorte de plain-chant primitif, remplacent les neumes liturgiques.
On pourrait diviser la mélopée corse comme on divise la mélopée grecque en trois genres :
1. — Le Systaliqiie qui inspirait les passions tendres ou aftectueuses, les passions tristes ou capables de