‹ La chanson populaire de l'île de CorseChapitre 25 sur 79 · En Corse · texte numérisé non relu

En Corse

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resserrer le cœur suivaat le sens du mot grec, 11 servait aux poésies amoureuses, plaintes, regrets et élégies.

II. — Le DiastaUfjiic qui était propre à l'épanouir en excitant la joie, le courage, la magnanimité, les grands sentiments. En usage dans la tragédie, les chants de guerre et les sujets héroïques.

III. — \j' Eue has tique qui tenait le milieu entre les deux autres et devait ramener l'ame à un état tranquille. S'employait pour les hymnes, louanges et instructions.

Gomme on le verra par la suite, cette classification convient absolument à la science musicale tout à fait embryonnaire des Corses.

A proprement parler, la mesure — qui fui amenée par la nécessité de faire marcher régulièrement plusieurs parties différentes — la mesure n'existe pas dans le chant corse ; aussi les notations sérieuses sont-elles difficiles, — pour ne pas dire plus.

Chez les Grecs, quand on ne chantait qu'à une seule partie le rythme tenait lieu de mesure dans la musique qui n'en avait souvent pas d'autre, parce qu'alors il était suffisant et pour guider les chanteurs et pour scander léchant selon la marche de la prosodie. C'est pourquoi, il nous est réellement impossible déjuger du plus ou moins de beauté musicale de l'Hymne à Némésis ou de l'Ode de Pindare, le Chant de Delphes, dont les notes nous sont bien parvenues mais non le mouvement.

On pourrait également appliquer à la mélodie corse ce que Dom Pothier disait du plain-chant : u Les séquences et les tropes du commencement sont de vraies proses, de simples récitatifs, les ncumes du

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plain-chant donnent le thème mélodique et donnent aussi le rythme.,, mais bientôt l'allure change et les phrases deviennent plus symétriques K »

Kn effet, à cause même de ses tenues ou « neumes » bien particuliers, la mélodie corse a un rythme très apparenté au rythme grégorien, lequel ne fut que la continuation du rythme musical des Grecs, adopté par les Latins ot à peine altéré par les iVrabes, rythme dont on retrouve même quelques traces dans les malaguenas de l'Andalousie ou des Baléares, dans les chants des bateliers de la Haute Egypte ou du Gange, comme dans les lentes complaintes des portefaix chinois.

Certes, à première audition, et surtout si on ne les entend pas chantés en plein air par quelque paysan ou pécheur indigène, les chants insulaires paraîtront monotones à l'excès et peut-être serait-on tenté de leur appliquer ce que de Coussemaker - avançait, bien à tort, contre le plain-chant : a A toutes les époques, chez toutes les nations même les plus sauvages, le peuple a manifesté ses sentiments, a traduit ses souvenirs par des chants dont le caractère était vif ou lent, gai ou triste, selon qu'ils exprimaient sa joie ou ses souffrances. Ce qui donne ce caractère, ce n'est pas seulement la variété d'intonations, c'est surtout le mélange et la combinaison symétrique des sons plus ou moins longs, plus ou moins brefs. Ce mélange, cette combinaison, constituent le rythme. La musique sans rythme est incapable d'exprimer la vivacité des images, la puissance des sentiments qui régnent dans les chants populaires. » ^

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