PUBLICATIONS SANS DATES
Album auvergnat, par J.-B. Bouillet ; Moulins. In-S", avec illustrations et
chansons notées.
Bourrées et montafjnardes (de l'Auvergne) transcrites pour le piano par
Edmond Lemaigre; Clermont-Ferrand. In-8°. Braga Sammll'xg. — Airs populaires des pays de V Europe, notés avec
accompagnement et publiés par 0. L. B. Wolff, Bonn. In -8" (Douze
airs français). Chansmis de la révolution. 3 vol. in-8*'. Eecueil factice des feuilles volantes
du temps, avec les airs.
Chansons de nos grand^ mères, par A. Godet; Genève. In4<'. Airs notés. Chamons nationales et populaires de France, accompagnées de notes historiques et littéraires par Dumersax et Noël Ségur ; Paris. 2 vol. in-8°. Pas
d'airs, mais des illustrations.
Classique populaire. Recueil de IGO airs populaires, etc.; Rouxel ; Paris ,
Br. in-S".
La Fhur des chansons populaires ; Paris. In-S". Illustrations, sans airs notés. Recueil de chants royalistes (avec les airs); Angers. Recv^eïl de rondes avec jeux et de petites chansons, par Ch. Lebouc Br.
in-8°. Airs.
Soixante-cinq chansons des rues, en dialecte breton. Recueil factice. In-12. Six airs béarnais les plus populaires, avec le texte primitif, par Paravel ;
Pau. In-8°.
On voit que la liste, même incomplète, des ouvrages publiés en France sur la chanson populaire est déjà passablement respectable. Il est cependant un côté (le plus
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intéressant selon nous) resté constamment dans l'ombre, c'est le côté musical : aussi est-ce lui qui fera l'objet principal de cette étude. Nous ne parlerons qu'incidemment des usages du peuple, notre projet étant d'écrire un volume spécial sur l'histoire des moeurs et usages populaires d'après les chansons, ce sujet présente suffisamment d'intérêt pour être traité à part.
En France la chanson affecte trois caractères différents, bien distincts : 1° La chanson populaire. 2*^ La chanson de ville (noëls de cour, vaudevilles). — 3" La chanson artistique.
Les Allemands ont, comme nous, la 1'"'' et la 3" catégorie, mais leur 2' diffère essentiellement de la nôtre, car ils ont en place une chanson forme populaire {voIksthiimh'cJi) , c'est-à-dire calquée par un poète sur la forme populaire, et que le peuple adopte généralement sans connaître le nom de l'auteur. Il ne faut pas confondre cette espèce de chansons avec nos turlutaines de cafés-concerts , que le peuple braille sur les boulevards; ce sont au contraire de vraies chansons populaires comme fond, mais d'une forme plus correcte que celle des anciennes chansons, et souvent aussi plus musicales. Ces chansons (forme populaire) sortent évidemment d'un milieu où l'éducation a été plus avancée que dans la grande classe du peuple, or dans le nombre il y en a de charmantes.
Il serait sans doute inutile d'engager nos jeunes compositeurs à tenter cette voie, en créant en France un genre de composition qu'elle ne possède pas ; le tourbillon musical actuel ne semble nullement pousser de ce côtélà notre jeune école de l'avenir.
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Jusque dans ces derniers temps, on attribuait aux compositeurs du quinzième et du seizième siècle, la part entière de leurs compositions à plusieurs voix, c'était aussi le cas pour les psaumes de Marot ; on sait maintenant qu'il n'en était pas ainsi, et que ce qu'on appelait componere signifiait harmoniser un thème existant déjà. Il ne faut cependant pas prendre cela pour une vérité ou une règle sans exception, et dénier aux anciens compositeurs l'invention de toute mélodie autre que les chants populaires : des maîtres comme Josquin des Prés ou Orlando de Lassus et bien d'autres n'avaient pas besoin de chercher leurs chants autre part que dans leur imagination; cela est si vrai que bien des fois, quand 'ils indiquent un de leurs morceaux sur un dicton populaire, ils y mettent une mélodie à eux et ne s'occupent pas de l'ancien air populaire. En un mot, tous n'avaient pas l'habitude de se servir des chants populaires comme d'un espalier, pour y accrocher et faire filer leur musique, comme l'a dit un écrivain allemand.
La récolte des chants populaires a été de tout temps un travail long et fatigant, heureusement qu'il existe encore de braves chercheurs qui, le sac au dos, vont à la découverte de ces chansons, et s'égarent dans les villages les plus isolés de la plaine immense ou sur les hauteurs les moins visitées par les voyageurs, mais oii quelques cabanes, quelques métairies sont plantées au coin d'un bouquet d'arbres. C'est dans ces cachettes-là qu'il faut souvent aller chercher la chanson populaire, car elle se garde bien de venir à vous, mais se dérobe le plus qu'elle peut à vos recherches. Et puis, quand on est parvenu à découvrir un de ces nids oîi l'on chante encore, que de
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précautions à prendre pour ne pas effaroucher les chanteuses, qui d'abord décLarent toujours qu'elles ne se rappellent plus rien, qu'elles ont oublié tout, ou à peu près ; par exemple on ne prétexte jamais un rhume , cette excuse est inconnue. Ce n'est qu'après connaissance faite, et même souvent après qu'on a chanté soi-même d'abord Quelque production du pays ou des environs que les chanteuses prennent courage et finissent par se désintimider.
Une fois en train, par exemple, elles vous en chantent, elles vous en dégoisent au point qu'on ne sait plus comment les arrêter et qu'on est obligé de préparer, ruminer (juelque bonne raison honnête pour les faire taire. Il en était ainsi dans notre jeune temps, devenu maintenant le temps passé.
Aujourd'hui, quel changement!
Grâce à la facilité des communications, où sont-ils ces pays sauvages et primitifs, qui ont gardé leur ancien langage et la tradition des mœurs de leurs pères? — L'autre semaine il y avait encore un de ces villages oubliés et difficiles d'accès, mais le samedi soir il y est arrivé deux ou trois gas des faubourgs de la ville, avec leur répertoire guilleret et osé, dans la gaie tonalité moderne, et déjà les vieux chants n'osent plus se faire entendre, les chanteurs ou les chanteuses sont devenus timides devant ces chansons vivantes, pimpantes, même étourdissantes, et si les chanteurs de la ville persistent à habiter là pendant quelque temps, les anciens airs auront complètement disparu avant la fin de l'année.
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